L’arabe du futur, tome 1 – Riad Sattouf

Hello! Je vous retrouve en ce mercredi pour ma chronique du tome un de la bande déssinée « L’arabe du futur » de Riad Sattouf. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de BD, ça m’a donc fait très plaisir de replonger dans ce genre de lecture et c’est avec plaisir que je vous en parle aujourd’hui!

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Résumé :

Cette bande dessinée raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad. On suit notre jeune protagoniste, durant une partie de sa jeunesse, au Moyen Orient, entre 1978 et 1984. Ce petit blondinet qu’on suit avec sa famille, représente l’auteur de ce roman lui-même, Riad Sattouf et sa famille. Ce roman graphique raconte donc la jeunesse de Riad Sattouf.

Mon Avis :

Dans ce premier tome, on suit Riad et sa famille de 1978 à 1984. Riad, dans le contexte dans lequel il évolue, est « singulier ». C’est un petit bonhomme aux longs cheveux blonds platine et dans le Moyen-Orient, à son époque ou encore aujourd’hui ce n’est pas très courant. Sa singularité, va donner lieu au cours de cette BD à des situations amusantes ou révélatrices des stéréotypes ancrés dans les sociétés dans lesquelles Riad évolue. Notre protagoniste et sa famille, ont une vie mouvementée. Sur les six années que l’on suit, notre joyeuse équipe, aura été en France, aura vécu en Libye et en Syrie.

Dans cette BD, pas de folies, le contexte, les actions restent simples et réalistes, même si les traits sont souvent accentués. C’est en finissant le livre, que j’ai compris que le Riad que l’on suit, c’est Riad Sattouf, auteur de la BD, qui nous raconte son enfance. Mais, par conséquent j’ai ressenti un léger « blocage » car je n’arrivais pas à savoir si tout ce que j’avais lu était vrai à 100% ou si certains détails comme la couleur des cheveux étaient faux.  Toujours est-il que je ne me suis en tout cas pas ennuyé une seule seconde avec Riad et sa famille. On prend vraiment plaisir à les suivre, on a presque l’impression d’être un autre membre de la famille, invisible, mais toujours présent. J’ai trouvé la lecture très prenante et captivante.

Je n’aurais pas autant aimé cette bande dessinée, sans l’humour caractéristique qu’on y trouve.  C’est un humour cru, terre à terre. Ce livre est d’ailleurs un concentré d’humour, autant dans les répliques, que dans les actions ou que dans les situations. J’ai vraiment pris plaisir à lire et cette BD à même fait naître chez moi un véritable rire, ce qui est personnellement assez rare . Cependant, je n’ai jamais été grand fan de ces humours assez crus, et avec ce livre ça n’a pas raté. J’ai beau avoir pris plaisir à lire, j’ai trouvé que par moments c’était un poil abusif, un peu blessant aussi. Comparé aux caricatures que l’on peut trouver aujourd’hui, clairement ce n’est rien, mais pour le coup, c’est vraiment ma sensibilité personnelle qui s’exprime. C’est un humour qui nous met face à des réalités brutes de façon « brutale », de façon assez incisive aussi parfois, et c’est une chose que j’apprécie globalement. Mais cette tendance à jouer avec les réalités et les stéréotypes en les accentuant, m’a par moments un peu fatigué et un peu gêné!

« L’arabe du futur » nous permet d’avoir un regard de l’intérieur, sur ce qu’étaient les sociétés syriennes et libyennes à une époque entre 1978 et 1984. Malgré la tendance de l’auteur à accentuer le trait, ce qui nous est montré et crédible. Riad Sattouf, nous montre avant tout des réalités, il nous montre comment étaient ces sociétés. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup, car en plus de l’aspect plaisir, on a une lecture enrichissante qui nous apprend beaucoup. Les régimes politiques, les modes de vie, les tensions, le niveau de vie des populations, leurs problèmes du quotidien etc, tout cela nous est montré. J’ai par exemple été surpris par la différence d’ambiance entre la Syrie et la Lybie. C’est vrai que je ne connaissais pas avant, beaucoup plus que ce qu’on nous montre dans les médias sur ces deux pays, là pour le coup j’ai énormément découvert. Surtout, il est intéressant de faire ce retour en arrière pour comparer avec la situation actuelle dans ces pays.

Enfin, terminons sur les illustrations qui ont aussi été réalisé par Riad Sattouf! J’ai grandement aimé ces illustrations. Elles sont simples, pas trop détaillées, juste comme je les aime. J’apprécie beaucoup ce type d’illustrations, on n’a pas plein d’informations qui nous sautent aux yeux et je trouve cela très agréable. Aussi, tout au long de la bande dessinée, les couleurs utilisées changent. On peut par exemple avoir une partie où le jaune sera très utilisé, puis ce sera le vert qui dominera. Les couleurs, ont aussi toutes cet effet un peu vieilli, terne, « sale ». Ça me donnait l’impression que je suivais un vieux souvenir, le travail graphique nous force à rentrer dans une certaine ambiance, c’est très réussi et cela permet une lecture très immersive !

En conclusion :

L’arabe du futur tome 1 est une très bonne BD, j’ai passé d’agréables moments de lecture. On prend plaisir à suivre Riad et sa famille, car on s’attache très vite à ces personnages. La lecture est prenante et très immersive, notamment grâce aux illustrations. Ces dernières sont très réussies, j’adore le travail fait au niveau du choix des couleurs. Cette BD se caractérise par un humour légèrement cru, globalement plaisant. Il plaira à beaucoup j’en suis sûr, mais aussi un peu moins à d’autres. Enfin, c’est un livre qui nous invite à découvrir les sociétés libyennes et syriennes dans les années 1978-1984 et je trouve cela très intéressant et enrichissant.

Si vous êtes fan des humours qui jouent sur l’accentuation des réalités, que vous avez envie de découvrir le Moyen Orient des années 70-80 et que vous voulez passer des bons moments de lecture, je ne peux que vous conseiller « L’arabe du futur » tome un!


Titre : L’arabe du futur (tome un)
Auteur : Riad Sattouf
Edition : Allary Editions
Parution : 7 Mai 2014
Pages : 160 pages
Prix : 20,90€

Quartier lointain, tome deux – Jirô Taniguchi

Bonjour. Bien que peu familier à l’univers des mangas, j’ai su apprécier « Quartier lointain, tome un, de Jirô Taniguchi« , qui fut pour moi une jolie découverte. J’ai lu le second et dernier tome de cette série et je suis maintenant prêt à vous en parler.

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RÉSUMÉ :

Hiroshi, un homme proche de la cinquantaine, a été replongé à l’époque où il n’avait que quatorze ans. Il ne sait pas par quel miracle cela a bien pu se produire et ne sait pas non plus comment sortir de là. Alors, tant qu’il y est, il profite de sa jeunesse retrouvée. Si pour l’instant tout va bien, Hiroshi sait que bientôt, la disparition de son père va semer le malheur dans sa famille. Il détient maintenant la chance unique d’essayer de comprendre pourquoi cette disparition va avoir lieu et comment l’éviter…

MON AVIS :

La réinsertion dans l’univers de ce manga ne s’est pas fait avec fluidité, pour ma part. On commence sur un passage concernant le passé des personnages. Avec les noms que j’ai oubliés et qui plus est, ne me sont pas usuels, c’est vrai je pataugeais un peu. Rien de grave en somme, puisque dès le second chapitre je retrouvais un peu plus mes marques.

Dans ce tome, Jirô Taniguchi aborde des sujets qu’il a choisi de façon plus profonde. Avec le contexte particulier du retour en arrière dans la vie d’Hiroshi,  cela donne naissance à quelque chose d’assez étonnant. Tout comme dans le tome précédent, nous suivons le quotidien d’Hiroshi, sauf que là deux thèmes ressortent particulièrement. Il y a tout d’abord celui de l’amour. Bien que notre personnage principal ait de nouveau quatorze en apparence, il garde sa maturité d’homme de quarante huit ans. De ce fait, tomber amoureux d’une jeune fille de quatorze alors qu’il en a réellement le double, c’est plutôt particulier. J’ai trouvé, que ça été bien abordé au cours du récit. On a quelque chose de beau, de touchant, mais en tant que lecteur on reste sur la réserve à cause de sentiments contradictoires. Cette petite intrigue a été joliment maniée, mais je juge le dénouement un peu trop brutal et simpliste finalement.

Pour ce qui est de l’intrigue principale de ce livre, je n’ai pas été déçu. Elle nous entraîne totalement et est vraiment captivante. Un évènement lié au père d’Hiroshi a bouleversé le cours de son enfance. Maintenant qu’il se retrouve à quelques mois de cet évènement marquant, Hiroshi n’a qu’un seul but : éviter que celui-ci arrive. Pour cela, il va devoir creuser dans le passé familial, enquêter, pour comprendre et empêcher le drame. Cette quête m’a captivé et touché. L’auteur nous tient en haleine tout du long et la lecture est prenante. L’ambiance générale est assez triste, mélancolique, poétique, l’ensemble est fin et de toute beauté. J’ai adoré suivre Hiroshi, qui est un personnage attachant et sincère.

La fin de ce livre renferme de magnifiques passages, avec de belles émotions. Hiroshi arrive au bout de sa quête, tout se dénoue et on comprend enfin. Je trouve le dénouement surprenant et réussi, je ne suis absolument pas déçu. À travers celui-ci, un superbe message est véhiculé, un message inspirant sur une chose à laquelle nous pouvons tous être confronté. L’auteur a parfaitement finalisé son deuxième tome, j’ai fermé ce manga avec un sentiment de satisfaction (que demander de plus!).

EN CONCLUSION :

Ce second et dernier tome m’a conquis. Avec le contexte du retour dans le temps, qui tel quel, est déjà particulier, le mangaka a choisi des sujets puissants. Le cocktail des deux marche agréablement bien. On est captivé du début à la fin, il y a de belles émotions, de beaux passages. J’apprécie l’ambiance du récit qui mélange joie, insouciance et mélancolie. C’est doux, poétique et agréable. Enfin, le dénouement fort en émotions et avec son joli message est pour moi satisfaisant et réussi.

Je vous conseille vivement la duologie « Quartier Lointain » qui vous fournira de bons moments de lecture.


Titre : Quartier Lointain, tome deux

Édition : Casterman

Auteur : Jirô Taniguchi

Parution : 4 Juin 2003
Pages : 208 pages
Prix : 14,50€