Le rêve dévoré – Jo Rouxinol

Bonjour, aujourd’hui on se retrouve pour ma chronique du roman « Le rêve dévoré » de Jo Rouxinol. C’est le deuxième roman que je lis de cet auteur. Le premier était « Le temps des étoiles » un roman jeunesse, que j’avais vraiment apprécié, notamment pour son aspect pédagogique. Fin Janvier, Jo Rouxinol m’a proposé de recevoir « Le rêve dévoré », qui cette fois n’est pas un roman jeunesse et qui aborde l’histoire d’une jeune fille qui fugue. La fugue est un thème souvent utilisé autant dans le monde littéraire, qu’artistique ou cinématographique. Mais j’avais envie de découvrir ce livre, car ayant apprécié la façon dont l’auteur a abordé l’antisémitisme dans « Le temps des étoiles »,  j’étais curieux de voir comment il allait traiter le thème de la fugue.

Encore merci à Jo Rouxinol pour l’envoi de ce livre.

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Résumé :

Clarisse est une jeune fille de treize ans et demi, intellectuellement précoce. À son âge, elle est déjà une écorchée vive. Elle n’est pas en phase avec ce que le quotidien à lui offrir, elle est en totale rébellion. Ses parents divorcés ne savent plus comment la gérer, malgré les avertissements, Clarisse persiste dans une attitude insolente à l’école. Plus rien ne va dans le monde de notre jeune adolescente, elle a besoin de s’en soustraire. Clarisse va fuguer, pour fuir la réalité et tenter d’atteindre ses rêves.

Mon Avis :

En commençant ce livre, j’ai été surpris par certaines expressions assez crues. Tout de suite, ça donne le ton, on ne va pas passer par quatre chemins, les réalités sont montrées sans filtre et le langage est sans complexe. Si j’ai de prime abord été surpris par la vulgarité, je ne l’ai pas trouvé gênante, dans le sens où elle n’est pas non plus extrêmement présente et puis ce n’est pas un roman jeunesse. Le langage de Clarisse nous fait rentrer brutalement dans l’histoire et cette brutalité fait écho avec la violence que représente le quotidien pour notre protagoniste.

Clarisse est une jeune fille à la personnalité très forte. L’expression « écorchée vive » la caractérise parfaitement, on comprend dès le début qu’elle est brisée de l’intérieur même si on ne sait pas encore pourquoi. Clarisse est un personnage très intéressant à suivre, elle est littéralement tout et son contraire. Elle peut faire preuve de grande maturité et parallèlement de naïveté et même de bêtise. J’ai adoré la détester, comme j’ai détesté l’adorer. Clarisse reste après tout une jeune fille très sensible, elle nous touche par sa façon d’être avec ses qualités comme ses défauts. Je me suis attaché à elle et je ne l’oublierai pas de si tôt!

J’ai été agréablement étonné par le style d’écriture de l’auteur. Je l’avais déjà apprécié dans « Le temps des étoiles », mais avec « Le rêve dévoré » on est nettement sur un niveau supérieur. C’est vraiment très bien écrit! L’écriture est légère, fluide, avec un petit côté poétique, le tout est sincèrement très agréable à lire.

Le récit est bien construit, avec des choix audacieux, mais qui à la fin payent! L’action démarre très tôt, donc très tôt on est embarqué par l’histoire de Clarisse. L’auteur réussit à maintenir notre intérêt tout au long du récit. Le rythme est maîtrisé, il y a un bon dosage au niveau de l’action et des rebondissements. Dans cette fugue que l’on suit, on ne peut pas réellement prévoir ce qui va se passer. Clarisse cueille le jour, elle vit le moment, le lecteur se trouve dans une même situation et j’ai apprécié cela. Ce roman nous invite indirectement à réfléchir sur des aspects de notre quotidien, il nous invite à un dépaysement. Dans nos sociétés modernes on intériorise un certain modèle de vie, mais l’histoire de Clarisse nous permet de voyager, de nous montrer une alternative à ce que peut être le quotidien.

Au cours de la lecture, on est confronté à des passages, que je juge personnellement choquants. Outre le fait que ce soient des passages à caractère sexuel, ce qui est choquant ce sont réellement les situations, qui sont selon moi d’une grande violence. Ce sont des choses, qu’on ne souhaite pas voir, qu’on ne trouve pas appropriées. Durant ma lecture, ces passages ont été des moments difficiles, qui m’ont gêné, d’autant plus que tout le reste de ma lecture me plaisait grandement. Seulement, comme je le disais plus tôt, le récit est bien construit, rien n’est laissé au hasard. Ces passages s’expliquent au fil de la lecture ou expliquent un point de l’histoire. Ils ajoutent un autre type de violence et de brutalité, ce qui rajoute de la profondeur à l’histoire. C’est malin! J’aurais aimé qu’on n’ait pas à avoir ce genre de passage, mais d’autre part je n’arrive pas à voir ce qui aurait pu à la place donner autant d’intensité au récit.

La fin du roman est maîtrisée, le dénouement est assez inattendu. C’est un parfait condensé d’émotions, c’est surtout une fin très poignante et touchante.

En conclusion :

« Le rêve dévoré » de Jo Rouxinol est un très bon roman. Honnêtement, je ne pensais pas aimer autant ce livre, qui a dépassé mes attentes. J’ai été agréablement étonné! Le récit est parfaitement structuré, on prend un réel plaisir à tourner la page à chaque fois pour découvrir ce qui va se passer. Si le récit est si captivant, c’est en grande partie grâce à Clarisse, un personnage principal attachant, qui fonctionne à merveille et que l’on prend plaisir à suivre. L’écriture de l’auteur est également un très bon point. La lecture est agréable, fluide et il y a ce soupçon de poésie qui est vraiment appréciable.

Carton plein pour ce roman. Spontanément, je vous le conseille totalement. Après, attention, comme je le dis dans la chronique, il y a des passages qui peuvent heurter à mon avis la sensibilité de certains. Je conseille donc ce roman à un lecteur averti!


Titre : Le rêve dévoré
Auteur : Jo Rouxinol
Edition : Adamastor
Parution : 11 Décembre 2017
Pages : 257 pages
Prix : 2.99€

L’arabe du futur, tome 1 – Riad Sattouf

Hello! Je vous retrouve en ce mercredi pour ma chronique du tome un de la bande déssinée « L’arabe du futur » de Riad Sattouf. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de BD, ça m’a donc fait très plaisir de replonger dans ce genre de lecture et c’est avec plaisir que je vous en parle aujourd’hui!

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Résumé :

Cette bande dessinée raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad. On suit notre jeune protagoniste, durant une partie de sa jeunesse, au Moyen Orient, entre 1978 et 1984. Ce petit blondinet qu’on suit avec sa famille, représente l’auteur de ce roman lui-même, Riad Sattouf et sa famille. Ce roman graphique raconte donc la jeunesse de Riad Sattouf.

Mon Avis :

Dans ce premier tome, on suit Riad et sa famille de 1978 à 1984. Riad, dans le contexte dans lequel il évolue, est « singulier ». C’est un petit bonhomme aux longs cheveux blonds platine et dans le Moyen-Orient, à son époque ou encore aujourd’hui ce n’est pas très courant. Sa singularité, va donner lieu au cours de cette BD à des situations amusantes ou révélatrices des stéréotypes ancrés dans les sociétés dans lesquelles Riad évolue. Notre protagoniste et sa famille, ont une vie mouvementée. Sur les six années que l’on suit, notre joyeuse équipe, aura été en France, aura vécu en Libye et en Syrie.

Dans cette BD, pas de folies, le contexte, les actions restent simples et réalistes, même si les traits sont souvent accentués. C’est en finissant le livre, que j’ai compris que le Riad que l’on suit, c’est Riad Sattouf, auteur de la BD, qui nous raconte son enfance. Mais, par conséquent j’ai ressenti un léger « blocage » car je n’arrivais pas à savoir si tout ce que j’avais lu était vrai à 100% ou si certains détails comme la couleur des cheveux étaient faux.  Toujours est-il que je ne me suis en tout cas pas ennuyé une seule seconde avec Riad et sa famille. On prend vraiment plaisir à les suivre, on a presque l’impression d’être un autre membre de la famille, invisible, mais toujours présent. J’ai trouvé la lecture très prenante et captivante.

Je n’aurais pas autant aimé cette bande dessinée, sans l’humour caractéristique qu’on y trouve.  C’est un humour cru, terre à terre. Ce livre est d’ailleurs un concentré d’humour, autant dans les répliques, que dans les actions ou que dans les situations. J’ai vraiment pris plaisir à lire et cette BD à même fait naître chez moi un véritable rire, ce qui est personnellement assez rare . Cependant, je n’ai jamais été grand fan de ces humours assez crus, et avec ce livre ça n’a pas raté. J’ai beau avoir pris plaisir à lire, j’ai trouvé que par moments c’était un poil abusif, un peu blessant aussi. Comparé aux caricatures que l’on peut trouver aujourd’hui, clairement ce n’est rien, mais pour le coup, c’est vraiment ma sensibilité personnelle qui s’exprime. C’est un humour qui nous met face à des réalités brutes de façon « brutale », de façon assez incisive aussi parfois, et c’est une chose que j’apprécie globalement. Mais cette tendance à jouer avec les réalités et les stéréotypes en les accentuant, m’a par moments un peu fatigué et un peu gêné!

« L’arabe du futur » nous permet d’avoir un regard de l’intérieur, sur ce qu’étaient les sociétés syriennes et libyennes à une époque entre 1978 et 1984. Malgré la tendance de l’auteur à accentuer le trait, ce qui nous est montré et crédible. Riad Sattouf, nous montre avant tout des réalités, il nous montre comment étaient ces sociétés. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup, car en plus de l’aspect plaisir, on a une lecture enrichissante qui nous apprend beaucoup. Les régimes politiques, les modes de vie, les tensions, le niveau de vie des populations, leurs problèmes du quotidien etc, tout cela nous est montré. J’ai par exemple été surpris par la différence d’ambiance entre la Syrie et la Lybie. C’est vrai que je ne connaissais pas avant, beaucoup plus que ce qu’on nous montre dans les médias sur ces deux pays, là pour le coup j’ai énormément découvert. Surtout, il est intéressant de faire ce retour en arrière pour comparer avec la situation actuelle dans ces pays.

Enfin, terminons sur les illustrations qui ont aussi été réalisé par Riad Sattouf! J’ai grandement aimé ces illustrations. Elles sont simples, pas trop détaillées, juste comme je les aime. J’apprécie beaucoup ce type d’illustrations, on n’a pas plein d’informations qui nous sautent aux yeux et je trouve cela très agréable. Aussi, tout au long de la bande dessinée, les couleurs utilisées changent. On peut par exemple avoir une partie où le jaune sera très utilisé, puis ce sera le vert qui dominera. Les couleurs, ont aussi toutes cet effet un peu vieilli, terne, « sale ». Ça me donnait l’impression que je suivais un vieux souvenir, le travail graphique nous force à rentrer dans une certaine ambiance, c’est très réussi et cela permet une lecture très immersive !

En conclusion :

L’arabe du futur tome 1 est une très bonne BD, j’ai passé d’agréables moments de lecture. On prend plaisir à suivre Riad et sa famille, car on s’attache très vite à ces personnages. La lecture est prenante et très immersive, notamment grâce aux illustrations. Ces dernières sont très réussies, j’adore le travail fait au niveau du choix des couleurs. Cette BD se caractérise par un humour légèrement cru, globalement plaisant. Il plaira à beaucoup j’en suis sûr, mais aussi un peu moins à d’autres. Enfin, c’est un livre qui nous invite à découvrir les sociétés libyennes et syriennes dans les années 1978-1984 et je trouve cela très intéressant et enrichissant.

Si vous êtes fan des humours qui jouent sur l’accentuation des réalités, que vous avez envie de découvrir le Moyen Orient des années 70-80 et que vous voulez passer des bons moments de lecture, je ne peux que vous conseiller « L’arabe du futur » tome un!


Titre : L’arabe du futur (tome un)
Auteur : Riad Sattouf
Edition : Allary Editions
Parution : 7 Mai 2014
Pages : 160 pages
Prix : 20,90€

Moi, Simon 16 ans, homo sapiens – Becky Albertalli

Bonjour! On se retrouve aujourd’hui pour ma première chronique de l’année 2018, sur le roman « Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens ». C’est un roman sur lequel j’avais lu pas mal d’avis positif et que j’avais très envie de découvrir. Donc, quand j’ai aperçu la couverture rouge de ce livre en me promenant à Gilbert Jeune, ni une ni deux, je l’ai attrapé et direction la caisse. Pour vous dire à quel point j’étais pressé de le lire, dès que je suis rentré chez moi, je me suis installé sur un fauteuil et j’ai commencé ma lecture!

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Résumé :

Simon Spier, 16 ans (au début de l’histoire), vit dans une petite ville en banlieue d’Atlanta. Il a trois meilleurs amis qu’il adore, deux soeurs et un chien, il fait du théâtre. C’est un grand fan d’Harry Potter et il a une passion profonde pour les délicieux biscuits que sont les Oreo. Aussi, Simon est amoureux, raide dingue d’un certain Blue, qu’il a rencontré sur le compte Tumblr de son lycée. Simon, sous le pseudonyme « Jacques » et Blue, communiquent tous les jours virtuellement. Ils se racontent tout, en faisant attention à ne pas se donner trop d’informations sur leur véritable identité. Seul Blue sait que Simon est homosexuel. Simon et Blue sont dans le même lycée, ils se croisent peut-être tous les jours sans le savoir…

Mon Avis :

Il y a une certaine douceur et quelque chose de réconfortant qui émanent de ce livre et plus précisément de son écriture. C’est une écriture très simple, sans faire pour autant trop enfantine. Le style est léger, doux, fluide et correctement maitrisé, ce roman est donc très agréable à lire.

Le personnage de Simon m’a plu dès les premières pages. On peut s’identifier à lui facilement car sa personnalité fait très « vraie », Simon pourrait être une personne que l’on pourrait croiser tous les jours dans la rue. Pour ses mêmes raisons, on s’attache très vite à lui. Simon est sincère, sarcastique par moments, touchant. On a un rapport privilégié avec lui, il se confie à nous tout au long du roman. C’est un personnage qui apparaît comme banal pour dire vrai, mais il a ce petit quelque chose qui le rend unique et intéressant. J’ai adoré Simon. J’ai grandement apprécié le fait que sa sexualité ne soit pas utilisée comme la chose la plus importante. Que le simple fait qu’il soit gay, devienne le seul moyen de nous attendrir, de nous toucher. Sans condamner les livres qui utilisent la sexualité à ses fins, là je trouve que du coup ça dédramatise l’homosexualité, ça la normalise et ça fait du bien. Aussi, Simon et même Blue ne sont pas, je trouve, d’énièmes clichés de ce que l’on montre souvent des gays et ça aussi c’est un bon point!

J’ai apprécié le fait que l’homosexualité soit dédramatisée dans ce roman, mais je trouve qu’il y a peut-être un certain manque d’équilibre. Il n’y a rien de vraiment dramatique dans ce roman, ça fait peut-être plaisir, mais ce roman selon moi, peut peut-être flouter une face plus sombre de l’homosexualité et donner presque (j’insiste sur le presque) l’impression qu’au niveau de l’homosexualité tout est acquis aujourd’hui, alors qu’on sait bien que non. On a d’une part des romans, qui ne montrent presque que l’homophobie. Là on a un roman tout mignon, qui ne montre pas vraiment les problèmes liés à l’homosexualité de façon percutante, on ne retient que du positif. Est-ce bien ou non? À chacun de se faire son avis.

Tout au long du récit, on suit l’évolution de la relation entre Simon et Blue qui s’écrivent par mail et en même temps on suit Simon dans sa vie au lycée etc… L’ensemble est très juste, les liens qui se font entre mails et réalité rendent ces deux éléments constitutifs du récit encore plus intéressants au fur et à mesure de notre lecture. La relation entre Simon et Blue est mignonne et touchante, mais son évolution est compliquée. Très vite, on se met nous lecteurs aussi à mener l’enquête. On veut savoir qui est Blue. Le récit est construit intelligemment, il m’a captivé entièrement. Je n’arrivais pas à quitter ce livre, j’avais toujours besoin de tourner la page, pour découvrir ce qui allait se passer. J’ai passé d’excellents moments avec ce livre, j’ai ressenti de nombreuses émotions. Je pense qu’il faut vraiment le lire pour comprendre à quel point ce roman vous attrape et ne vous lâche pas.

Toutes les bonnes choses ont une fin et je dirais que pour « Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens », la fin n’a pas été une bonne chose, malheureusement. Plus la fin du roman approchait, plus l’excitation montait car le dénouement arrivait. J’attendais beaucoup de ce dénouement, et je dois dire que le passage du dénouement était beau, imprévu et vraiment mignon. Personnellement, je ne m’y attendais pas et ce qui est bien c’est que ce dénouement apporte une autre dimension à cette histoire. Cependant, les quelques pages qui suivent ce dénouement m’ont littéralement déçu. Tout de suite, j’ai trouvé que ça devenait niais, je ne me retrouvais plus dedans. Tout était trop beau, trop parfait, il n’y avait plus d’équilibre selon moi et j’ai trouvé que ça devenait un peu ridicule. Ça m’attriste beaucoup car j’ai adoré ce roman, mais la fin m’a déçu profondément et j’ai terminé sur un mauvais ressenti, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout!

En conclusion :

« Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens » est un coup de cœur! J’ai adoré ce roman. C’est frais, doux, mignon, léger. On prend un plaisir fou à suivre Simon, qui est un personnage attachant. On est très vite captivé par le récit. Bien que simple, le récit est bien mené et sait faire grandir notre intérêt au fil des pages. Ce roman se lit tout seul, il nous fait sourire, il nous crée un pincement au cœur parfois, il nous transporte littéralement à travers bon nombre d’émotions. Malheureusement, le dénouement passé, ma lecture n’a été que déception, le côté trop niais, m’a déplu. Heureusement je dirais, le dénouement arrive tard donc il ne reste que quelques pages après avant de terminer le livre.

Je conseille totalement ce roman, malgré ma déception pour la fin. Ce livre est, je trouve, géniale, il faut le lire!

Aussi, « Love Simon », une adaptation du roman devrait sortir au cinéma en Mars 2018, j’ai extrêmement HAAAAAATE!

Je vous laisse avec le trailer officiel!


Titre : Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens
Auteur : Becky Albertalli
Edition : Le livre de poche jeunesse
Parution : 12 Avril 2017
Pages : 352 pages
Prix : 6.90€ (poche)

À la place du coeur – Arnaud Cathrine

Salut! À la suite des attentats qui ont touché la France en 2015, plusieurs livres sont sortis à ce sujet. J’ai regardé cette arrivée de livres dans la blogosphère, d’un regard assez distant. Je ne me voyais absolument pas me plonger dans ce genre de livre. Parmi tous ceux-ci, il y a un qui s’est démarqué et sur lequel j’ai lu de nombreux avis élogieux : « À la place du cœur ». Ce n’est que maintenant, par curiosité que j’ai décidé de le lire, et je vous donne aujourd’hui mon avis sur ce roman.

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Résumé :

Caumes, dix-sept ans, n’attend qu’une chose, que l’année soit finie, qu’il ait passé son bac pour rejoindre son grand frère à Paris. Pour l’instant, il mène sa vie de lycéen, dans sa petite ville natale, entre amitié, école, parents, ennemis et amour. Justement, niveau amour, un changement est en train de s’opérer dans la vie du jeune Caumes. Il se pourrait qu’Esther, la fille de ses rêves, s’intéresse aussi à lui. Comme on le sait, le premier vrai amour crée un bouleversement dans la vie d’un adolescent. Mais Caumes, ne va pas être au bout de sa peine et va devoir faire face en même temps à un autre tsunami. Le 7 Janvier 2015, la France bascule dans l’horreur, avec l’attentat contre Charlie Hebdo. Dans « À la place du cœur » on suit une semaine d’effroi pour la France, une semaine avec Caumes, entre horreur et passion.

Mon Avis :

Dans ce roman, nous suivons Caumes, un adolescent de dix-sept ans, durant une semaine qui a marqué la France. Le cadre se veut réaliste, mais celui-ci ne l’est pour moi pas complètement. Le souci se pose surtout au niveau de la représentation des adolescents, assez présents dans l’histoire puisque nous suivons la vie d’un lycéen. J’ai trouvé que les adolescents étaient parfois trop caricaturaux et faisaient tache dans le cadre réaliste que nous propose ce roman. Caumes est en terminale, à ce niveau les jeunes ne sont pas vraiment comme ils sont dans le roman. Dans « À la place du coeur » ils sont parfois montrés comme vraiment immatures et leurs réactions étaient des fois si puériles que l’on aurait dit des collégiens. J’ai en mémoire certains passages où ils étaient en classe, qui étaient bonnement ridicules. Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse donner une telle immaturité à des jeunes à l’aube de leur majorité.

Certaines réactions des parents de Caumes et scènes familiales étaient également un peu caricaturales et surtout vues et revues. Les personnages principaux sont intéressants, leurs caractères s’accordent bien ensemble, mais ils n’ont rien d’exceptionnels. Les caractères ne sont vraiment pas très développés, ils servent à l’histoire mais sans plus, je ne m’y suis pas du tout attaché.

Le récit est construit sur deux points principaux, une histoire d’amour et les attentats. L’histoire d’amour est à mon goût tout à fait banale, elle n’apporte rien de bien important. Les choses se font vite et simplement, il n’y a pas vraiment de force ou de réelle beauté dans l’expression des sentiments. Cette histoire d’amour est certainement davantage marquée par des scènes de sexe que par une élévation de leur amour. Les passages où ils font l’amour pourraient même renforcer leur amour justement, le rendre plus beau, plus profond, mais je n’ai pas trouvé que c’étaient le cas. Ces scènes d’amour on les tolère ou pas, moi ce n’est pas ce qui m’a forcément gêné, je les ai juste trouvées parfois un poil indélicates.

Le sujet principal de ce roman, reste avant tout les attentats. À travers ce roman on revit cette semaine de Janvier 2015 qui a vraiment été difficile. On la revit à travers le regard d’adolescents, ce qui est vraiment une bonne idée. Les médias, ne donne pas forcément de façon spontanée la parole aux adolescents dans ces moments-là.  On sait moins ce qu’ils peuvent penser, ce qu’ils peuvent ressentir. Avec « À la place du cœur » on découvre comment les jeunes peuvent réagir face à de tels événements. Les réactions des adolescents dans le roman, comme je l’ai dit plus tôt sont parfois un peu étranges, mais au moins les situations mises en place sont vraisemblables. L’auteur nous montre par exemple toutes les tensions qu’il peut exister, ou encore la difficulté pour le corps enseignant de gérer la situation, à savoir expliquer ou pas, comment le faire etc… Mais l’auteur reste quand même beaucoup dans le factuel à mon goût. Il ne crée pas vraiment quelque chose de poignant derrière.

Ainsi, ce récit est surtout bien pour revivre la chronologie de cette fameuse semaine de Janvier 2015. Je m’attendais à ce qu’il y ait quelque chose de profond au-delà de ça, ce qui n’a pas été le cas. C’est l’histoire d’amour qui aurait pu apporter quelque chose d’intéressant , mais encore il n’en a rien été. Pendant tout le récit je me suis donc demandé à quoi servait cette histoire d’amour, puisqu’elle n’apportait pour moi rien. Je comprends l’idée de l’auteur de vouloir associer ces deux bouleversements qui arrivent dans la vie de Caumes sauf que là ça ne marche pas correctement. Entre les personnages qui ne sont pas très bons, le côté réaliste parfois trop caricatural, l’histoire d’amour insipide et le récit qui n’est pas plus approfondi, clairement je n’ai pas apprécié. C’était pour moi trop simple et sans grand intérêt. De plus, j’ai eu la preuve de ce pour quoi je ne voulais pas lire ce genre de roman, en effet me replonger dans ces histoires d’attentats n’a vraiment pas été agréable.

Le dernier tiers du roman a tout de même relevé le niveau, ça été mieux. Le dénouement approchait, il y avait davantage d’action, c’était plus intéressant. Je dois dire que le dénouement et la fin du récit ont été bien exécuté. J’ai enfin trouvé la profondeur dans le récit, que je cherchais tout au long de ma lecture. C’est là que l’auteur a vraiment donné un sens à son histoire. On a des passages, poignants, émouvants et avec des émotions fortes. Cette fin elle est extrêmement bouleversante et tragique, elle fait passer des messages forts. Le ton employé était également plus affirmé et les personnages plus matures. Je n’ai pas énormément aimé ce livre, mais là fin est incroyablement belle.

En conclusion :

« À la place du cœur » est un roman avec de bonnes idées, mais qui ne fonctionne pas tout à fait. Les personnages sont parfois caricaturaux, le récit est un peu trop simple, l’histoire d’amour est assez banale et n’apporte rien de vraiment nécessaire ou d’intéressant. C’est un bon roman pour revivre la chronologie de cette semaine d’attentats de Janvier 2015. Mais derrière ça comme le récit n’est pas plus approfondi, je n’y ai pas trouvé mon intérêt, surtout que par nature le sujet n’est pas des plus agréable. Heureusement, la fin du roman relève le niveau et pour le coup est presque parfaite.

Personnellement, je ne comprends pas du tout l’engouement qu’il y a eu pour ce livre et je ne le vous conseille pas. Mais bien sûr, si le roman vous fait envie, n’hésitez pas à tenter, beaucoup d’autres l’ont adoré.


Titre : À la place du cœur, saison 1
Auteur  : Arnaud Cathrine
Edition : Robert Laffont
Parution : 1 Septembre 2016
Pages : 252 pages
Prix : 16.00€

 

Moi présidente – Gérard Mordillat

Hey! Vous n’êtes pas sans savoir que cette année 2017 se déroule les élections présidentielles en France. Quand j’ai vu le roman « Moi présidente » sur le présentoir d’une bibliothèque, c’est avec curiosité que je me suis avancé vers celui-ci. La quatrième de couverture m’a intrigué davantage et c’est comme ça que je me suis décidé à lire ce roman, on ne peut plus dans l’actualité du moment!

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Résumé :

Avis de tempête à l’Elysée, la nouvelle présidente a une sacrée personnalité! Elle dévoile ses meilleures mesures pour remettre le pays d’aplomb. Levée d’une croisade, polygamie obligatoire, rétablissement de l’esclavage ne sont que quelques exemples des brillantes idées de la présidente. Elle souhaite « purger la France de toute racaille », c’est-à-dire « des Rebeux, des Blacks, des Niakoués, des Roms… ». Pour atteindre ses objectifs, la présidente est épaulé de ses  ministres de la Précarité Raisonnable et du Racisme Efficace, qui applaudissent à chacun de ses dires.

Mon Avis :

Ce roman est qualifié de sotie et lorsque l’on rapproche déjà la définition de sotie au résumé de ce livre, on comprend totalement pourquoi. Une sotie est « Une farce à caractère satirique jouée par des acteurs en costumes de bouffons, allégorie de la société du temps ». Précision : ici il s’agit d’un récit en prose, ce n’est pas une pièce de théâtre à lire. Alors moi, avec ce livre je m’attendais à me fendre la poire, ou du moins à passer des moments très drôles. Vous allez le découvrir, mes attentes ont dépassé la réalité…

Dans ce roman, nous suivons une journée de la présidente, par l’intermédiaire d’une chaîne de télé qui doit la filmer en direct live toute la journée. Première prise de parole de la présidente et première grossièreté. Il est vrai que dans les romans, les grossièretés je ne les aime pas ou sinon avec parcimonie. Cette première prise de parole a donné le ton, les grossièretés dans ce roman, on en trouve dans presque toutes les pages. Un peu, par ici, par là c’est drôle, mais là constamment, j’ai trouvé ça vraiment pesant au niveau de la lecture.

Ce roman est dans son intégralité une satire de notre société actuelle. Principalement, on a surtout une satire de la classe politique. Le système politique est ridiculisé, à travers cette nouvelle présidente décadente et ces ministres, qui doivent toujours aller dans son sens. Cette image, m’a immédiatement rappelé les systèmes monarchiques d’antan où le roi faisait parfois, il faut le dire, un peu n’importe quoi et les conseillers, les ministres n’osaient pas le contredire. Dans cette satire que nous propose Gérard Mordillat, auteur de ce roman, c’est finalement la présidente qui en prend le moins de façon directe. Cette dernière, dans son extravagance, fait ce qu’elle veut et il est délectable de voir son entourage essayer de se dépatouiller. La situation au palais présidentiel est d’un ridicule absolu, et le fait qu’une chaîne de télé filme tout cela en direct live, ne fait que rajouter du ridicule.

La présidente est un personnage très fort dans ce roman. Son attitude est décomplexée, sa manière de parler est cinglante, clairement elle en impose et son exubérance est tout à fait risible. Cette présidente, qui souhaite « Purger la France de toute racaille », et qui met en place des mesures aberrantes, bien sûr peut nous faire penser à une certaine dame, que l’on connaît tous et qui pourrait devenir présidente cette année. Néanmoins, rien d’explicite ne pourrait clairement donner la certitude que ce roman vise cette femme en particulier. Surtout, que ce roman vise clairement un peu tout le monde, les socialistes sont visés par exemple.

Dans une farce à caractère satirique, l’humour est un élément essentiel. L’humour dans ce roman était de la partie, c’est indéniable, mais est-ce qu’il m’a plu, pas entièrement. C’est un humour parfois très fin et que j’ai de nombreuses fois apprécié. Ça se joue parfois à des références historiques ou récentes et si on y prête pas attention, on peut passer à côté. Il y a plein de petites situations, qui m’ont réellement amusé. Mais à part ça, je n’ai pas vraiment ri lors de ma lecture. Le langage grossier, je l’ai dit précédemment m’a vite agacé et puis il y a un certain comique de répétition qui m’a également épuisé.

Au niveau du récit, j’ai trouvé que c’était assez linéaire, le même schéma général est réutilisé, on sait à quoi s’attendre. Il n’y a pas de nouveauté apporté, pas d’effet de surprise. De ce fait, je n’ai pas réussi à être captivé par ce récit auquel je n’ai pas trouvé un profond intérêt. J’ai tenu jusqu’à la fin, qui elle également n’offre rien de plus. Selon moi, ce roman fonctionnerait mieux adapté au théâtre. Le genre s’y prête totalement, et le jeu scénique pourrait être alors intéressant et drôle.

En conclusion :

Je ne suis clairement pas convaincu par ce roman. L’écriture est bonne, l’humour est parfois fin et alors crée quelque chose d’intéressant, le personnage de la présidente est bon. Mais, le récit manque de texture, tout est focalisé sur la situation et sur l’humour, alors que l’humour n’est selon moi pas optimal. Le langage grossier, le même comique de répétition utilisé du début à la fin du roman, par exemple, rendent la lecture assez indigeste et parfois aussi lassante je trouve.

Je ne conseille pas ce livre, globalement je n’ai pas passé de très bons moments de lecture. Finir, ce livre a carrément été une sorte de délivrance tellement je n’étais captivé par le récit, c’est malheureux!


Titre : Moi présidente

Auteur  : Gérard Mordillat

Edition : Autrement

Parution : 21 Septembre 2016
Pages : 118 pages
Prix : 10.00 €

#Bleue – Florence Hinckel

Bonjour, je vous propose de découvrir aujourd’hui mon avis sur le roman « #Bleue » de Florence Hinckel.

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RÉSUMÉ :

Silas, un jeune adolescent, vit dans une société où l’on oblige à être heureux à tout prix. Pour arriver à cela, la Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle (CEDE) efface les souvenirs douloureux. Plus de douleurs, de dépressions, de tristesses, mais un point bleu sur le poignet, signe d’une souffrance évitée. Si les adultes peuvent encore choisir de ne pas passer par la CEDE (même si cela est très mal vu), les mineurs eux, n’ont pas ce choix-là. Le monde dans lequel vit Silas, repose aussi sur le Réseau, où les gens « veillent » les uns sur les autres et partagent chaque fait et gestes de leur vie. Silas, n’est pas un grand fan du Réseau, il préfère garder intimes les moments passés avec sa petite amie Astrid. Mais quand cette dernière se fera renverser par une voiture devant ses yeux, il sera emmené de force en CEDE. Pour l’oublier…

MON AVIS :

L’univers de science-fiction de ce roman m’a directement plu. La société décrite par l’auteur est à la fois futuriste et réaliste. En premier lieu, cette société nous paraît idyllique, les gens ne souffrent pas et sont heureux. Le récit va pourtant nous montrer tout le contraire.

Dès les premières pages, j’ai été embarqué, l’histoire commence vite et m’a de suite captivé. Ce récit est constitué de trois parties. La première partie est narrée par Silas, la troisième aussi et la deuxième partie  est narrée par Astrid. On fait donc d’abord la connaissance de Silas, qui est un personnage très attachant. Il a été pris en charge par la CEDE pour oublier la mort de sa petite copine Astrid. On lui a enlevé tous ses souvenirs d’elle, les bons moments passés… Mais il semblerait que la CEDE n’ait pas bien fonctionné, Silas revoit parfois des souvenirs d’Astrid et de son amour pour elle. Je me suis moins attaché au personnage d’Astrid, elle a un caractère bien trempé, l’inverse de Silas. Elle est téméraire, fragile, imprévisible, passionnée… C’est un sacré personnage, que j’ai cependant apprécié suivre tout au long du roman.

Le récit tourne autour d’un sujet principal : la CEDE. Une technologie qui enlève les douleurs des hommes pour les rendre plus heureux. Le long du récit, on voit les dangers de cette technologie qui déshumanise complètement. Utilisée sur Silas pour lui enlever le poids du deuil d’Astrid, elle lui enlève forcément avec le souvenir qu’il a de cette personne. Cette fille qu’il a tellement aimé ne signifie alors plus rien pour lui. Est-ce cela le bonheur? Faut-il être dénué de douleurs pour vivre heureux? Ce roman a cet aspect philosophique que j’aime beaucoup et qui rend la lecture enrichissante en plus d’être agréable.

L’histoire est bien structurée, bien rythmée, tout s’enchaîne avec fluidité. L’intrigue est prenante et le récit est parsemé d’imprévus qui ajoutent en sensations. Plus on avance dans la lecture et plus ça devient dynamique, poignant et même haletant. C’est à partir, de la fin de la première partie que les événements ont commencé à prendre cette nouvelle tournure que j’ai adoré. La lecture est plaisante, il y a ce qu’il faut d’action, on ne s’ennuie pas. Les enjeux ont été intelligemment choisis par l’auteur et elle a très bien su les manier tout au long du roman, c’est un pur régal.

Le déroulement de l’histoire n’a fait qu’accélérer depuis la moitié du roman. La fin est donc mouvementée et le dénouement est très appréciable. Rien d’exceptionnel, mais c’est une fin tout en justesse, qui passe parfaitement. C’est aussi une fin ouverte, qui pour moi introduisait un second tome et peut être même tout une série. Vous n’imaginez donc pas ma déception quand j’ai lu sur le site de l’auteur qu’il n’y aura pas de second tome. Rien que de l’écrire là, ça me fait encore mal. J’ai beaucoup aimé ce roman et je rêve d’une suite qui n’existera jamais. N’est-ce pas tragique?

EN CONCLUSION :

Un excellent roman. L’univers est intéressant, les personnages sont sympathiques. L’histoire est dynamique, poignante  et nous fait réfléchir sur l’idée du bonheur. C’est une lecture très agréable, qui nous emporte totalement du début à la fin. La trame du récit est très bonne, la fin aussi. En terminant ce livre, on a envie d’en lire plus, mais ce n’est pas possible malheureusement, il n’y a pas de second tome.

Je vous conseille totalement ce roman!


Titre : #Bleue

Édition :  Syros Jeunesse

Auteur : Florence Hinckel

Parution : 29 Janvier 2015
Pages : 272 pages
Prix : 15,95€

Une saison gout citron – Joanna Philbin

L’été est censé arriver, mais à l’heure où je vous écris, il y a des inondations partout en France… En tout cas, j’ai voulu mettre un peu de soleil dans mes lectures, ainsi je me suis dit « Quoi de mieux qu’un livre au titre estival et à la couverture acidulée! »

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Résumé :

Cet été-là, Rory une adolescente, a ressenti le besoin de voir d’autres horizons et de changer d’air. Elle quitte son New Jersey natal pour se rendre à East Hampton. Là où elle pose les pieds, tout n’est que richesse, beauté et luxe. Elle a décidé de passer l’été en tant que domestique dans la fortunée famille Rule, où sa tante travaille. En contrepartie, elle ne demande aucun paiement et se satisfait de pouvoir être hébergée dans la villa de cette prestigieuse famille. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses employeurs se montrent très sympathiques avec elle. Ainsi Rory, va progressivement lâcher prise, profiter, quitte à oublier son statut. On le lui rappellera cependant très vite quand elle commencera à dépasser certaines limites. Ce qui est sûr, cet été va la changer et d’ailleurs pas seulement elle…

Mon Avis :

Le ton léger, simple et doux de ce roman a vite eu raison de moi et m’a emporté avec lui. Je me suis rapidement senti à l’aise avec cette lecture car la fraîcheur qu’elle dégage m’a empli d’un sentiment calme et reposant.

Le contexte initial m’a plutôt satisfait. C’est assez simple, mais il faut dire que ça marche quand même. Il est vrai que je n’ai pas trouvé que c’était très original. Le coup de la jeune fille qui va passer du temps chez de riches personnes possédant une grande villa, je trouve que l’on retrouve ça souvent. Ça donne un peu une impression de série Disney Channel, si vous visualisez ce que c’est. Le problème que j’ai avec ce genre d’ambiance, c’est que parfois ça devient vite grotesque et tout peut devenir caricatural. Dans ce roman, ce n’est pas allé à de tels extrêmes. Ce contexte, exceptions mises à part, ne prend pas une place étouffante et je n’ai pas énormément ressenti ce sentiment d’exaspération.

Dans l’ensemble j’ai apprécié les personnages, mais je n’ai quand même pas eu de fort attachements pour eux. Le personnage principal, Rory, m’a particulièrement déçu. Déjà, dès le départ, je n’y ai pas adhéré. J’ai d’abord trouvé son choix étrange, on ne comprend pas vraiment pourquoi elle décide de devenir domestique et encore moins pourquoi elle ne veut pas se faire payer. Ce point a d’ailleurs fait que je n’ai pas trouvé le démarrage convaincant. Ensuite, le caractère de Rory ne m’a pas plu, je ne m’y suis pas attaché. Je trouve qu’elle a une personnalité très faible par rapport au récit, ce qui est doublement embêtant car c’est elle le personnage principal. Elle ne s’ouvre pas tellement à nous, on ne l’a connaît donc pas assez et c’est ce qui m’a empêché d’avoir une quelconque connexion avec elle . Rory est peu affirmée, naïve et souvent irraisonnée. À multiples reprises je l’ai trouvé ridicule et énervante. Quand il fallait prendre des décisions ou faire une action, elle choisissait toujours l’inverse de ce qui était bon pour elle et de ce que l’on attendait d’elle. Ceci m’a terriblement frustré.

Vous l’aurez compris, entre le personnage principal et moi, ça a fait deux. Néanmoins, les autres personnages m’ont plutôt satisfait. Outre les traits de caractère un peu stéréotypés qu’ils leur ont été donné, j’ai trouvé que chacun apportait une touche bonifiant l’aspect général du récit. Il y a cependant un personnage qui dénote parmi tous, il s’agit d’Isabel, la fille gâtée de la famille. On peut dire qu’elle a échappé aux stéréotypes dans une certaine mesure, elle est complètement différente de sa famille, de leur manière d’être. Elle est impétueuse, décomplexée et quelque peu impulsive. Elle a un fort caractère qui nous accroche, contrairement à Rory. De ce roman, c’est elle que je retiens surtout.

Au cours de ce livre, nous suivons principalement l’évolution d’une relation amicale, celle de Rory et d’Isabel. Ce sont deux adolescentes, aux caractères et au milieu social opposés. Je trouve que l’idée est bonne et puis la personnalité de ces deux personnages fonctionne bien ensemble. J’ai pris un plaisir à suivre cette amitié singulière, intéressante qui a donné lieu à de beaux passages et à de belles scènes. Avec elles, on fait le tour de plusieurs émotions et toujours avec une fraîcheur tout à fait appréciable.

L’histoire en elle-même, avec son contexte estival dans une ville luxueuse et avec la relation d’amitié que l’on suit, est assez simple. Ce n’est absolument pas quelque chose d’extraordinaire, riche en suspense. Malgré cela, j’ai tout à fait réussi à être ancré dans ma lecture, et ce tout du long. Ce fut pour moi une lecture légère, fluide et très agréable.

Le rythme est doux et régulier. Tout est assez tranquille, l’atmosphère est chaleureuse, il n’y a pas beaucoup d’action ou d’événements très conséquents. Ce qui m’a plu dans l’ensemble de ce récit, c’est encore une fois la fraîcheur qui est dégagée. C’est une lecture sans prise de tête ( à part quand Rory m’agace), l’amitié qu’il y a entre les deux filles est jolie et beaucoup de belles choses en ressortent. On les voit évoluer, apprendre l’une de l’autre, changer et finalement grandir. Mais tout n’est pas tout rose, parallèlement à l’évolution de la relation des deux jeunes filles, il y a plusieurs petits éléments qui viennent contraster la situation. Ces éléments sont par exemple des problèmes d’adolescentes, des amourettes… Ce sont surtout des problèmes liés au milieu social. Rory n’est pas du même monde que ceux qu’elle va côtoyer durant son été, plus on avance et plus les différences se font sentir. Rory va progressivement prendre des libertés et on fera vite de lui rappeler d’où elle vient et son présent statut de domestique. Dès le départ, on est intrigué par certains éléments, il y a un nuage de mystère qui plane au long du roman. La famille Rule se montre tellement avenante avec Rory que ça nous paraît étrange, ainsi en tant que lecteur on reste sur nos gardes.

Comme je l’ai dit juste avant, le rythme est vraiment régulier. En plus de ne pas y avoir énormément d’action, il n’y avait pas aussi de réels rebondissements. Même si j’ai parfois été surpris, ce fut toujours dans la légèreté. Personnellement, je ne vois pas ça comme un vrai point négatif, dans la mesure où je n’ai pas ressenti un manque particulier. L’auteur a cependant su faire susciter au lecteur différentes émotions, avec une première partie qui monte vers du positif, puis avec une seconde partie où la situation se dégrade. Sous ses airs guillerets, je trouve que cette histoire dénonce et montre de vraies choses, c’est peut-être infime mais c’est quand même un petit plus.

Pour ce qui est de la fin, j’ai été satisfait. On arrive dans à situation bloquée, où plus rien ne va. Ceci va faire naître chez le lecteur de l’appréhension et un certain intérêt pour la suite des événements. C’est ainsi une fin riche en émotions, en beaux sentiments et avec quelques rebondissements. Tout était plutôt bien maîtrisé, avec toujours cette légèreté propre à ce roman. Ce n’est pas une fin incroyablement mouvementée et dynamique mais au moins elle n’est pas des plus prévisibles. C’est un dénouement mignon et agréable, pas élevé mais pas faible non plus.

En conclusion :

Mon ressenti global est positif pour ce roman. J’ai apprécié le récit, tel qui nous est offert par l’auteur. C’est un roman sans prétention, qui ne promet pas monts et merveilles, mais ce qui nous est donné de lire est fait avec une agréable maîtrise. Bien que le contexte général, avec son petit aspect stéréotypé et déjà-vu, m’ait laissé perplexe dès le départ, j’ai vite fait d’être entraîné par une histoire et une écriture légère, fluide et fraîche. Cette histoire, c’est celle de Rory, une adolescente issue d’un milieu populaire qui se lie d’amitié avec la fille de la riche famille Rule, chez qui elle est domestique. Cette histoire d’amitié m’a plu, m’a touché, je l’ai trouvé très belle et elle dégage plein de jolis sentiments. Entre amours, amitiés, différences et faux-semblants, j’ai trouvé ma satisfaction en cette lecture simple et plaisante. De beaux personnages dans l’ensemble, mais pour moi un réel bémol avec le personnage principal qu’est Rory, dont je n’ai pas apprécié la personnalité. Le dénouement est assez réussi et m’a bien plu. Il est plein d’émotion et dans la même veine que le reste du récit écrit avec une simplicité apaisante.

« Une saison goût citron » est une lecture sympathique. Pour la plage, en été ou tout simplement lorsque vous voulez lire quelque de léger, moi je vous le conseille.


Titre :  Une saison goût citron

Édition : Albin Michel Jeunesse

Auteur : Joanna Philbin

Parution : 28 Mai 2014
Pages : 363 pages
Prix : 14,90€

L’élite, tome 2/ Joelle Charbonneau

livre dystopie hunger games l'éliteRésumé :

Cia a réussi le Test et entre à l’université. Prête à faire partie de l’élite de la société. Mais tout cela a eu un prix, certains l’ont payés très fort… Les personnes ayant échoués au Test ont disparus, ou plutôt ont été redirigés comme le dirait le gouvernement. Mais Cia sait que beaucoup de morts se cachent derrière ce terme énigmatique.

Elle va devoir faire les bons choix et plus que jamais etre sur ses gardes…

Elle en a toujours rêvé, mais maintenant qu’elle a atteint son but le goût reste amer. Elle a déjoué certains pièges qui lui permette de savoir ce que tout le monde (ou presque) a oublié. Le Test est une machinerie infernale administrée par des personnes mal intentionnées du gouvernement. Elle ne peut pas cautionner cela, elle doit agir et donc se ranger secrètement du côté de l’oppositon.

Si le premier tome avait été extrêmement rythmé par le Test, celui là est beaucoup plus calme mais la tension y est palpable.

Cia est intelligente et combative. De plus elle est toujours déterminée, que ce soit dans le travail où elle excelle, ou dans ses enquêtes. Sa détermination et son acharnement dans le travail sont telles qu’elle devient un modèle de motivation pour tout un chacun. Elle est sur plusieurs fronts, attaquées de tous cotés, sous pression, sous surveillance mais tient toujours le coup. Elle a une très belle personnalité, c’est un personnage que j’adore et je ne l’oublierai pas de si tôt.

Si ce deuxième tome à été nommé « Sous surveillance » ce n’est évidement pas pour rien. Chaque mouvement et action des nouveaux universitaires sont surveillés et décryptés. L’ambiance est pesante, il leur faut être d’une rigueur exemplaire car tout est mis en place pour tester leurs capacités, un faute et c’est la « redirection ». On ressent très bien ce sentiment d’opression, de crainte et de peur d’échouer, comme si on etait réellement parmi eux. On a aussi de la peine, c’est inhumain de vivre dans une telle atmosphère. Ainsi, évidemment, on prend parti pour Cia face à la monstruosité du système.

La tension s’installe petit à petit au fil de ce roman. Des péripéties, des enquêtes et des rebondissements viennent agrémenter le tout. A la fin, un subtil mélange d’actions et de retournements de situation vont placer la tension à son paroxysme.

On termine ce roman sous le choc, totalement confus et intrigué. Joelle Charbonneau a bien réussi son coup, après un second tome comme celui là on ne peut que vouloir lire la suite. Malheureusement il va falloir attendre puisque le troisième tome ne sort qu’a la mi-février. D’ailleurs, j’ai vu qu’on peut déjà le précommander sur certains sites marchands, si ça vous intéresse.

En conclusion, c’est un second tome tout en finesse. La lecture est fluide est agréable. On reste captivé du début jusqu’à la fin. Les pièces du puzzle se mettent en place progressivement, en vue du prochain tome. J’en attends donc beaucoup et vu mon engouement jusqu’ici, j’espère et je pense que je ne serai pas déçu.

Si vous n’avez pas encore commencé à lire cette serie je vous conseille vivement de le faire, à mon avis vous ne le regretterez pas!

 

Zombillénium1/ Arthur de Pins

zombi1Je vais aujourd’hui, enfin, commencer à vous parler de la série « Zombillénuim ». Je dis commencer car j’ai déjà lu les trois tomes qui sont parus, et que je vous présente dans cet article seulement le premier tome. Je vous présenterai les deux tomes suivants un peu plus tard, en janvier, dans un autre article.

La série BD « Zombillénium » est pour l’instant ma favorite. J’adore cette série et je ne comprends pas pourquoi j’ai autant tarder à vous en parler.

C’est l’histoire d’Aurélien qui se fait embaucher dans le groupe Zombillénium S.A. Zombillénium est un parc d’attraction aux employés un peu spéciaux… on suit la vie de la société avec l’arrivée d’Aurélien, les problèmes du groupe, les secrets et mystères… Bref je ne veux pas en dire plus car je ne voudrais pas « voler » le plaisir de ceux qui ne l’auraient pas encore lu.

Dans ce premier tome, on découvre l’univers, les personnages etc (un peu comme les premiers tomes de chaques série). Mais il ne se passe pas beaucoup de choses, il n’y a pas beaucoup d’actions. Ce n’est pas négatif car au contraire c’est une très bonne mise en train aux prochains tomes!

J’aime vraiment tout dans cette BD. Les personnages sont mystérieux et on prend un plaisir à les suivre. Les illustrations sont saisissantes de réalisme. Tout est fait pour ressembler au vrai monde, par exemples grâce aux détails (les panneaux de signalisations…)

L’univers du travail est reproduit à l’identique avec les employés, le directeur générale, les actionnaires… Tout cela renforce le réalisme. Le côté réaliste est cassé par le côté fantastique avec les zombis, les sorcières, les monstres etc (les employés du parc).

C’est ce mélange parfait entre réalisme et fantastique que j’adore. De loin on pourrait penser que c’est un peu gore, mais pas du tout. C’est accessible dès 12/13. Je pense que petits et grands aimeront cette BD! Si vous ne connaissez pas encore je ne peux que vous conseillez de la lire!