Le rêve dévoré – Jo Rouxinol

Bonjour, aujourd’hui on se retrouve pour ma chronique du roman « Le rêve dévoré » de Jo Rouxinol. C’est le deuxième roman que je lis de cet auteur. Le premier était « Le temps des étoiles » un roman jeunesse, que j’avais vraiment apprécié, notamment pour son aspect pédagogique. Fin Janvier, Jo Rouxinol m’a proposé de recevoir « Le rêve dévoré », qui cette fois n’est pas un roman jeunesse et qui aborde l’histoire d’une jeune fille qui fugue. La fugue est un thème souvent utilisé autant dans le monde littéraire, qu’artistique ou cinématographique. Mais j’avais envie de découvrir ce livre, car ayant apprécié la façon dont l’auteur a abordé l’antisémitisme dans « Le temps des étoiles »,  j’étais curieux de voir comment il allait traiter le thème de la fugue.

Encore merci à Jo Rouxinol pour l’envoi de ce livre.

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Résumé :

Clarisse est une jeune fille de treize ans et demi, intellectuellement précoce. À son âge, elle est déjà une écorchée vive. Elle n’est pas en phase avec ce que le quotidien à lui offrir, elle est en totale rébellion. Ses parents divorcés ne savent plus comment la gérer, malgré les avertissements, Clarisse persiste dans une attitude insolente à l’école. Plus rien ne va dans le monde de notre jeune adolescente, elle a besoin de s’en soustraire. Clarisse va fuguer, pour fuir la réalité et tenter d’atteindre ses rêves.

Mon Avis :

En commençant ce livre, j’ai été surpris par certaines expressions assez crues. Tout de suite, ça donne le ton, on ne va pas passer par quatre chemins, les réalités sont montrées sans filtre et le langage est sans complexe. Si j’ai de prime abord été surpris par la vulgarité, je ne l’ai pas trouvé gênante, dans le sens où elle n’est pas non plus extrêmement présente et puis ce n’est pas un roman jeunesse. Le langage de Clarisse nous fait rentrer brutalement dans l’histoire et cette brutalité fait écho avec la violence que représente le quotidien pour notre protagoniste.

Clarisse est une jeune fille à la personnalité très forte. L’expression « écorchée vive » la caractérise parfaitement, on comprend dès le début qu’elle est brisée de l’intérieur même si on ne sait pas encore pourquoi. Clarisse est un personnage très intéressant à suivre, elle est littéralement tout et son contraire. Elle peut faire preuve de grande maturité et parallèlement de naïveté et même de bêtise. J’ai adoré la détester, comme j’ai détesté l’adorer. Clarisse reste après tout une jeune fille très sensible, elle nous touche par sa façon d’être avec ses qualités comme ses défauts. Je me suis attaché à elle et je ne l’oublierai pas de si tôt!

J’ai été agréablement étonné par le style d’écriture de l’auteur. Je l’avais déjà apprécié dans « Le temps des étoiles », mais avec « Le rêve dévoré » on est nettement sur un niveau supérieur. C’est vraiment très bien écrit! L’écriture est légère, fluide, avec un petit côté poétique, le tout est sincèrement très agréable à lire.

Le récit est bien construit, avec des choix audacieux, mais qui à la fin payent! L’action démarre très tôt, donc très tôt on est embarqué par l’histoire de Clarisse. L’auteur réussit à maintenir notre intérêt tout au long du récit. Le rythme est maîtrisé, il y a un bon dosage au niveau de l’action et des rebondissements. Dans cette fugue que l’on suit, on ne peut pas réellement prévoir ce qui va se passer. Clarisse cueille le jour, elle vit le moment, le lecteur se trouve dans une même situation et j’ai apprécié cela. Ce roman nous invite indirectement à réfléchir sur des aspects de notre quotidien, il nous invite à un dépaysement. Dans nos sociétés modernes on intériorise un certain modèle de vie, mais l’histoire de Clarisse nous permet de voyager, de nous montrer une alternative à ce que peut être le quotidien.

Au cours de la lecture, on est confronté à des passages, que je juge personnellement choquants. Outre le fait que ce soient des passages à caractère sexuel, ce qui est choquant ce sont réellement les situations, qui sont selon moi d’une grande violence. Ce sont des choses, qu’on ne souhaite pas voir, qu’on ne trouve pas appropriées. Durant ma lecture, ces passages ont été des moments difficiles, qui m’ont gêné, d’autant plus que tout le reste de ma lecture me plaisait grandement. Seulement, comme je le disais plus tôt, le récit est bien construit, rien n’est laissé au hasard. Ces passages s’expliquent au fil de la lecture ou expliquent un point de l’histoire. Ils ajoutent un autre type de violence et de brutalité, ce qui rajoute de la profondeur à l’histoire. C’est malin! J’aurais aimé qu’on n’ait pas à avoir ce genre de passage, mais d’autre part je n’arrive pas à voir ce qui aurait pu à la place donner autant d’intensité au récit.

La fin du roman est maîtrisée, le dénouement est assez inattendu. C’est un parfait condensé d’émotions, c’est surtout une fin très poignante et touchante.

En conclusion :

« Le rêve dévoré » de Jo Rouxinol est un très bon roman. Honnêtement, je ne pensais pas aimer autant ce livre, qui a dépassé mes attentes. J’ai été agréablement étonné! Le récit est parfaitement structuré, on prend un réel plaisir à tourner la page à chaque fois pour découvrir ce qui va se passer. Si le récit est si captivant, c’est en grande partie grâce à Clarisse, un personnage principal attachant, qui fonctionne à merveille et que l’on prend plaisir à suivre. L’écriture de l’auteur est également un très bon point. La lecture est agréable, fluide et il y a ce soupçon de poésie qui est vraiment appréciable.

Carton plein pour ce roman. Spontanément, je vous le conseille totalement. Après, attention, comme je le dis dans la chronique, il y a des passages qui peuvent heurter à mon avis la sensibilité de certains. Je conseille donc ce roman à un lecteur averti!


Titre : Le rêve dévoré
Auteur : Jo Rouxinol
Edition : Adamastor
Parution : 11 Décembre 2017
Pages : 257 pages
Prix : 2.99€

L’arabe du futur, tome 1 – Riad Sattouf

Hello! Je vous retrouve en ce mercredi pour ma chronique du tome un de la bande déssinée « L’arabe du futur » de Riad Sattouf. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de BD, ça m’a donc fait très plaisir de replonger dans ce genre de lecture et c’est avec plaisir que je vous en parle aujourd’hui!

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Résumé :

Cette bande dessinée raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad. On suit notre jeune protagoniste, durant une partie de sa jeunesse, au Moyen Orient, entre 1978 et 1984. Ce petit blondinet qu’on suit avec sa famille, représente l’auteur de ce roman lui-même, Riad Sattouf et sa famille. Ce roman graphique raconte donc la jeunesse de Riad Sattouf.

Mon Avis :

Dans ce premier tome, on suit Riad et sa famille de 1978 à 1984. Riad, dans le contexte dans lequel il évolue, est « singulier ». C’est un petit bonhomme aux longs cheveux blonds platine et dans le Moyen-Orient, à son époque ou encore aujourd’hui ce n’est pas très courant. Sa singularité, va donner lieu au cours de cette BD à des situations amusantes ou révélatrices des stéréotypes ancrés dans les sociétés dans lesquelles Riad évolue. Notre protagoniste et sa famille, ont une vie mouvementée. Sur les six années que l’on suit, notre joyeuse équipe, aura été en France, aura vécu en Libye et en Syrie.

Dans cette BD, pas de folies, le contexte, les actions restent simples et réalistes, même si les traits sont souvent accentués. C’est en finissant le livre, que j’ai compris que le Riad que l’on suit, c’est Riad Sattouf, auteur de la BD, qui nous raconte son enfance. Mais, par conséquent j’ai ressenti un léger « blocage » car je n’arrivais pas à savoir si tout ce que j’avais lu était vrai à 100% ou si certains détails comme la couleur des cheveux étaient faux.  Toujours est-il que je ne me suis en tout cas pas ennuyé une seule seconde avec Riad et sa famille. On prend vraiment plaisir à les suivre, on a presque l’impression d’être un autre membre de la famille, invisible, mais toujours présent. J’ai trouvé la lecture très prenante et captivante.

Je n’aurais pas autant aimé cette bande dessinée, sans l’humour caractéristique qu’on y trouve.  C’est un humour cru, terre à terre. Ce livre est d’ailleurs un concentré d’humour, autant dans les répliques, que dans les actions ou que dans les situations. J’ai vraiment pris plaisir à lire et cette BD à même fait naître chez moi un véritable rire, ce qui est personnellement assez rare . Cependant, je n’ai jamais été grand fan de ces humours assez crus, et avec ce livre ça n’a pas raté. J’ai beau avoir pris plaisir à lire, j’ai trouvé que par moments c’était un poil abusif, un peu blessant aussi. Comparé aux caricatures que l’on peut trouver aujourd’hui, clairement ce n’est rien, mais pour le coup, c’est vraiment ma sensibilité personnelle qui s’exprime. C’est un humour qui nous met face à des réalités brutes de façon « brutale », de façon assez incisive aussi parfois, et c’est une chose que j’apprécie globalement. Mais cette tendance à jouer avec les réalités et les stéréotypes en les accentuant, m’a par moments un peu fatigué et un peu gêné!

« L’arabe du futur » nous permet d’avoir un regard de l’intérieur, sur ce qu’étaient les sociétés syriennes et libyennes à une époque entre 1978 et 1984. Malgré la tendance de l’auteur à accentuer le trait, ce qui nous est montré et crédible. Riad Sattouf, nous montre avant tout des réalités, il nous montre comment étaient ces sociétés. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup, car en plus de l’aspect plaisir, on a une lecture enrichissante qui nous apprend beaucoup. Les régimes politiques, les modes de vie, les tensions, le niveau de vie des populations, leurs problèmes du quotidien etc, tout cela nous est montré. J’ai par exemple été surpris par la différence d’ambiance entre la Syrie et la Lybie. C’est vrai que je ne connaissais pas avant, beaucoup plus que ce qu’on nous montre dans les médias sur ces deux pays, là pour le coup j’ai énormément découvert. Surtout, il est intéressant de faire ce retour en arrière pour comparer avec la situation actuelle dans ces pays.

Enfin, terminons sur les illustrations qui ont aussi été réalisé par Riad Sattouf! J’ai grandement aimé ces illustrations. Elles sont simples, pas trop détaillées, juste comme je les aime. J’apprécie beaucoup ce type d’illustrations, on n’a pas plein d’informations qui nous sautent aux yeux et je trouve cela très agréable. Aussi, tout au long de la bande dessinée, les couleurs utilisées changent. On peut par exemple avoir une partie où le jaune sera très utilisé, puis ce sera le vert qui dominera. Les couleurs, ont aussi toutes cet effet un peu vieilli, terne, « sale ». Ça me donnait l’impression que je suivais un vieux souvenir, le travail graphique nous force à rentrer dans une certaine ambiance, c’est très réussi et cela permet une lecture très immersive !

En conclusion :

L’arabe du futur tome 1 est une très bonne BD, j’ai passé d’agréables moments de lecture. On prend plaisir à suivre Riad et sa famille, car on s’attache très vite à ces personnages. La lecture est prenante et très immersive, notamment grâce aux illustrations. Ces dernières sont très réussies, j’adore le travail fait au niveau du choix des couleurs. Cette BD se caractérise par un humour légèrement cru, globalement plaisant. Il plaira à beaucoup j’en suis sûr, mais aussi un peu moins à d’autres. Enfin, c’est un livre qui nous invite à découvrir les sociétés libyennes et syriennes dans les années 1978-1984 et je trouve cela très intéressant et enrichissant.

Si vous êtes fan des humours qui jouent sur l’accentuation des réalités, que vous avez envie de découvrir le Moyen Orient des années 70-80 et que vous voulez passer des bons moments de lecture, je ne peux que vous conseiller « L’arabe du futur » tome un!


Titre : L’arabe du futur (tome un)
Auteur : Riad Sattouf
Edition : Allary Editions
Parution : 7 Mai 2014
Pages : 160 pages
Prix : 20,90€

Arena 13 – Joseph Delaney

« Arena 13 » est un roman qui me faisait de l’œil depuis un bon moment. Faisant partie de la sélection du CODE LEA, j’ai directement saisi l’occasion pour me lancer dans cette lecture. Qu’en ai-je pensé? Je vous laisse le découvrir tout de suite.

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Résumé :

Vaincue par des machines douées de conscience, l’humanité n’existe presque plus. Les derniers habitants vivent dans le pays de Midgard, confinés par l’épaisse barrière de brouillard qui les entoure. Au-delà de cette barrière infranchissable, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Le pays de Midgard est dominé par une créature qui terrorise les habitants, qui vole les âmes : Hob.  Gindeen, la seule ville du pays abrite des arènes, dans lesquelles se succèdent des combats à longueur de journée. Il existe treize arènes dont la plus prestigieuse est la treizième. Dans l’arène treize, on parie sur celui qui fera couler le sang en premier, on parie sur celui qui trouvera la mort… Le jeune Leif arrive un jour à Gindeen, dans un but précis. Il souhaite à tout prix combattre dans l’Arene 13, pour se venger…

Mon Avis :

L’univers de ce roman est la première chose qui m’a plu. C’est un univers fantasy avec un aspect dystopique, construit autour d’éléments qui rappellent la civilisation romaine. Il est en effet question de combats dans des arènes, comme des combats de gladiateurs, avec aussi l’idée du prestige des combattants et de toute une fascination du peuple concernant tout cela. C’est un univers prenant, intéressant, à la fois sombre, mystérieux et fascinant. Malheureusement, j’ai trouvé que cet univers, n’a pas su toujours être mis correctement en valeur au cours du récit. Je trouve que ce monde que l’auteur a créé n’est pas assez enraciné et un peu instable parfois. J’aurais aimé que Joseph Delaney aille plus loin avec cet univers-là.

Le récit en lui-même est plutôt sympathique, on suit le personnage principal, Leif, dès son arrivée à Gindeen où il a un but bien précis. Ce personnage de Leif est plaisant à suivre, assez attachant, mais selon moi il n’a pas eu un caractère assez marqué pour porter l’histoire. Il est quand-même assez effronté, il est courageux, il a de belles valeurs, c’est le type de personnages que l’on voudrait avoir pour ami. Mais, même si je l’ai beaucoup apprécié, il a manqué cette touche qui le rendrait unique et marquant. Les personnages dans son genre sont construits à partir de codes assez récurrents, et Leif n’a pas cette singularité qui lui permettrait de se détacher de tout ce genre de personnage que l’on retrouve souvent.

La lecture est tout à fait fluide et agréable, on a un bon univers, un bon personnage principal. Les péripéties sont assez plaisantes également, on a des moments de tension, de doutes, de peur, de joie… J’étais attaché au personnage, le récit m’a vraiment entraîné de telle sorte qu’à certains moments, j’étais littéralement en colère ou déçu. J’ai vibré avec Leif, et cela est un bon point. Malgré ces bons points, je n’ai pas vraiment apprécié le roman dans sa globalité. Je trouve que la construction du récit est assez étrange et je m’y suis un peu perdu.

On a dès le départ une première intrigue, Leif a un but précis et unique. À partir de là, viennent les péripéties. On a des moments d’action, on avance au niveau de l’intrigue etc… Puis vers la fin, une nouvelle intrigue apparaît. Cette dernière est bien sûr étroitement liée à la première, mais personnellement j’ai été un peu perturbé. Même si je sais que ce n’est pas le cas, il n’empêche que j’ai eu l’impression que tout ce qui a été construit avant a été balayé par ce rebondissement qui arrive à contre-courant de tout ce qui a déjà été mis en place. Je sais pertinemment que ce rebondissement va probablement apporter plus dynamisme et de sensations à la suite de l’histoire. Cependant, même au moment où je vous écris je n’arrive toujours pas à comprendre, j’ai presque du mal à voir le récit comme un ensemble tout à fait cohérent. J’ai cette impression d’avoir été roulé dans la farine au dernier moment.

Paradoxalement, (ou pas d’ailleurs) cette fin en elle-même je la trouve réussie. On a du rebondissement, du dynamisme et un très bon rythme. C’est une fin prenante, surprenante, émouvante aussi. C’est riche, ça crée une rupture qui relance l’intérêt du lecteur. De ce point de vue précis, c’est satisfaisant.

Tristement, je ne vais pas terminer cette chronique en beauté, puisque j’ai encore deux bémols à évoquer. Tout d’abord, j’ai trouvé qu’il y avait un manque de description des personnages fantastiques de ce récit. Dans « Arena 13 » il est question de quelques bêtes étranges et j’ai trouvé qu’elles n’étaient pas toujours bien décrites. C’est peut-être pour garder un peu le côté mystérieux, mais j’ai peiné à visualiser pleinement ces êtres étranges, pourtant au cœur du récit.

Deuxième point, j’ai été extrêmement déçu par le fait que ce roman ne corresponde pas au genre qu’on lui donne. J’ai vu partout qu’ « Arena  13 » était catégorisé comme « roman ado » même sur les pages officielles de l’éditeur, alors que je ne trouve pas que ce roman corresponde vraiment à ce que je qualifierais comme tel. J’ai trouvé pour le coup que faisait plus jeunesse que roman ado. L’élément qui m’avait conforté dans l’idée que ça soit un roman davantage typé « ado » a été l’indication « pour lecteurs avertis. Découvre d’autres livres à ne pas lire la nuit sur ww…. », que l’on retrouve sur la quatrième de couverture. L’univers à beau être assez sombre, je n’ai pas vraiment pas eu peur en lisant ce livre, et c’est un froussard qui vous le dit! Il y a pourtant des romans jeunesse que j’avoue eu avoir du mal à lire la nuit, mais pas celui-là.

En conclusion :

« Arena 13 » est un bon roman, simple à lire, avec un univers intéressant, un personnage attachant et un récit plutôt captivant. Cependant, je trouve qu’il manque plein de petits éléments, qui font que ce roman n’est pour moi pas pleinement abouti. Ce livre n’est pas à la hauteur de ce qu’il nous promet, de ce à quoi je m’attendais pour un tel livre, par conséquent je suis assez déçu par cette lecture.

Dans le cadre du CODE LEA 2017 je dois donner à ce roman une note.
Voici le système de notation :
-1 étoile (nul)
-2 étoiles (pourquoi pas?)
-3 étoiles (intéressant)
-4 étoiles (très bien)
-5 étoiles (excellent !)
Voici ma note pour cette BD :
*** Trois étoiles (intéressant).

 


Titre : Arena 13
Auteur  : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution : 5 Novembre 2015
Pages : 390 pages
Prix : 15,90€

U4.Yannis – Florence Hinckel

Bonjour, je reviens aujourd’hui avec ma chronique sur le roman « U4.Yannis ». « U4 » est une série littéraire au concept assez original. Quatre auteurs français : Yves Grevet, Vincent Villeminot, Carole Trébor et Florence Hinckel se sont lancés dans un projet ambitieux. Ils ont eu pour but de raconter chacun la même histoire au travers d’un personnage différent. Il y a donc quatre romans et on peut lire chaque livre de la série dans l’ordre souhaité.

« U4.Yannis » est le second roman de la série que je lis, après « U4.Koridwen« .

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Résumé :

Le jeune Yannis vit à Marseille. Ses parents et sa petite sœur sont morts à cause du virus U4, qui a décimé quatre-vingt-dix pourcent de la population mondiale, et dont les seuls survivants (à quelques exceptions près) sont des adolescents. Yannis, comme les trois autres protagonistes de la série a le statut d’Expert dans le jeu en ligne WOT. Comme tous les Experts, il a reçu le message du maître du jeu Khronos, qui les invite à Paris le 24 Décembre pour éviter la catastrophe. Yannis n’a plus personne, si ce n’est son fidèle chien, les fantômes de membres de sa famille le hantent. Pour éviter la folie, Yannis s’accroche à ce dernier espoir :  le rendez-vous de Khronos à Paris.

Mon Avis :

Yannis est de Marseille. Depuis le désastre qu’a créé le virus U4, la ville est extrêmement dangereuse. Plusieurs groupes patrouillent à travers la ville, volent et sont sans pitié. C’est la loi du plus fort. Les jeunes de ses groupes, jeunes des quartiers de Marseille, disent avoir trop souffert de l’ordre social d’autrefois. Ils profitent du chaos entraîné par U4, pour changer tout ça, devenir maintenant les maîtres de la ville et imposer leurs lois. Sous l’un de mes articles, dans lequel je disais que je lisais « U4.Yannis » une personne a commenté en disant qu’elle trouvait que la ville de Marseille était un peu stigmatisée, du fait qu’elle soit la ville la plus dangereuse de la série U4 apparemment. Moi, je n’ai pas eu ce ressenti, bien que tout ce qui est stigmatisation etc a tendance à m’énerver. Yannis vit dans un quartier « chaud » de Marseille, il est d’origine maghrébine, mais j’ai apprécié le fait que l’auteur ne joue pas à fond sur cela. Pour ce qui est de la violence dans la ville, c’est vrai qu’il y en a beaucoup, mais je ne pense pas que c’est tant de la stigmatisation, ce qui se passe dans les autres villes, ce n’est pas tout rose non plus.

Comme pour Koridwen dans « U4 Koridwen« , durant la majeure partie de ce récit, nous suivons Yannis dans son cheminement vers Paris. Cheminement qui est une véritable aventure et qui nous tient captivé. Le rythme est agréable, il se passe toujours quelque chose. L’action est clairement de la partie et nous met de nombreuses fois en émois. On passe par des moments de stress, de peur, de pitié, d’énervement, de joie… Ce récit nous entraîne totalement, de sorte que l’on ne voit plus les pages défiler.

Ce récit a beau m’avoir plu, il ne surpasse clairement pas celui de « U4.Koridwen ». La construction du récit, qui suivait une comptine bretonne, dans « U4.Koridwen » était géniale, alors que là on a une structure de récit  habituelle, sans superflu. Ce qui m’a aussi manqué dans ce roman, ce sont les rebondissements, qui auraient pu relever davantage la lecture. J’ai vibré avec Yannis, mais pas autant qu’avec Koridwen. Je trouve que l’on a moins d’effets de surprise et moins de bouleversements, qui permettent de créer encore plus d’intérêt. J’ai aussi trouvé que l’aventure de Yannis était globalement moins trépidante que celle de Koridwen.

Yannis est un personnage que j’ai moyennement aimé. J’ai envie de dire que c’est « une bonne personne », il est tout à fait sympathique, il a une belle personnalité. Mais, je ne suis pas toujours en phase avec son énergie et certains de ces choix. C’est un personnage que je n’ai pas trouvé foncièrement attachant. Durant ses péripéties, Yannis va rencontrer de nombreuses personnes, il y a donc une diversité de personnages, c’est chouette. Mais, un des personnages qui va l’accompagner très tôt dans ses péripéties est un personnage de la série U4. Là ça me pose un problème, parce qu’il passe la moitié du récit avec ce personnage. Par conséquent, quand je lirai le livre de ce personnage, je connaîtrai déjà la moitié du récit. Je trouve cela dommage, même si, bien sûr on a ainsi un point de vue différent sur de mêmes évènements. En plus de cela, je n’ai pas aimé le caractère du personnage en question, donc à suivre…

La fin, je dois le reconnaître m’a un peu déçu. Le récit est mouvementé et dynamique tout au long du roman, mais le dénouement est simple, insipide je dirais. Un dénouement n’a pas besoin d’être forcément dynamique pour être bon, on est d’accord, mais dans ce cas, la simplicité ne fonctionnait pas. Yannis avait un objectif clair depuis le début, et alors qu’il touche du doigt son objectif il se rétracte. Il n’y a même pas avant qu’il se rétracte une action forte créant une rupture. On attend depuis le départ, pour finalement rien de concret et moi ça m’a déçu. Également, j’ai trouvé que certaines choses étaient un peu trop faciles dans cette fin.

En conclusion :

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Le récit est dynamique, on est constamment dans l’action. On suit le cours des péripéties de Yannis, dans une France décimé par U4, entre violences et complots. On est captivé du début à la fin. Le personnage de Yannis est sympathique, mais ne m’a pas énormément plu. Enfin, la fin de ce roman est pour moi un mauvais point, car je trouve qu’elle n’est pas satisfaisante et en certains points assez simpliste. Globalement ça reste donc un bon roman, mais si vous avez lu avant « U4.Koridwen« , qui est à mon avis bien meilleur, peut être que comme moi, vous apprécierez moins ce tome-ci.


Titre : U4.Yannis

Auteur  : Florence Hinckel

Edition : Nathan

Parution : 27 Août 2015
Pages : 300 pages
Prix : 16.90 €

Trollhunters – Guillermo Del Toro – Daniel Kraus

« Trollhunters » est un roman écrit à quatre mains, que j’avais très envie de lire. En effet, « deux de ces mains » appartiennent à Guillermo Del Toro qui est un producteur, scénariste et réalisateur mexicain assez connu. J’ai vu un de ses films qui n’est autre que « Le labyrinthe de Pan » et j’ai adoré l’univers qu’il a inventé. Vu l’imagination débordante de Guillermo Del Toro, je voulais vraiment découvrir ce qu’il allait alors proposer dans ce roman.

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RÉSUMÉ :

Tout commence en 1965, dans une petite ville de Californie où des enfants disparaissent mystérieusement. Un jour, c’est le jeune Jack Sturges de treize ans, qui est enlevé sous le regard horrifié de son cadet Jim. Quarante ans plus tard, Jim Sturges ne s’est toujours pas remis de l’événement marquant qui a marqué son enfance, à tel point qu’il est devenu un brin paranoïaque. Il a transformé sa maison en vrai forteresse, pour protéger sa famille. Sa femme l’a quitté, Jim vit seulement avec son fils Jim Junior, un lycéen. Malgré toutes les précautions prises par Jim Struges, une créature parvient dans la chambre de son fils et le kidnappe…

MON AVIS :

J’ai très vite accroché à ce roman, dès le prologue en fait. Ces histoires de disparitions, de créatures effrayantes qui sont des trolls, ça m’a donné envie. J’ai trouvé aussi l’écriture très fluide, on ne ressent absolument pas que c’est un récit rédigé à quatre mains. Il n’y a pas de mélanges de style, qui pourrait rendre la lecture déséquilibrée, vraiment tout est homogène.

Il y a une chose dans ce roman, qui m’a assez énervé et que je trouve lassant. C’est le contexte dans lequel se situe notre jeune protagoniste Jim. Il vit dans une petite ville d’Amérique, il va au lycée, n’est pas populaire, son ami est obèse, roux et porte un appareil dentaire, il y a un beau sportif que tout le monde acclame… Bref, je vais m’arrêter là, je pense que vous voyez déjà le genre. Vraiment, je commence à saturer, j’ai l’impression de trouver ça partout et c’est fatigant à la longue. C’est trop de clichés, trop d’éléments qui n’apporte plus de valeur ajoutée à force de les retrouver partout. Qui plus est, au fur et à mesure de la lecture on retrouve encore des éléments ou prétextes vus et revus. Pour n’en citer qu’un, par exemple il y a le fait que Jim s’inscrive au club de théâtre par ce qu’il est amoureux d’une fille qui y est.

Autrement, pour ce qui est de l’univers imaginaire, fantastique de ce roman, je n’ai rien à redire. J’ai retrouvé la patte de Guillermo Del Toro que j’ai apprécié dans son film « Le labyrinthe de Pan ». C’est un univers riche, mais pas complexe, tout est bien maîtrisé et de plus c’est un univers que je trouve original. Je n’ai pas l’habitude de lire des romans avec des trolls, du coup j’apprécie qu’il y en ait dans celui-ci. On retrouve le goût pour les créatures de Guillermo Del Toro et parfois j’aurai peut-être eu envie de davantage de descriptions. C’est un univers particulier, pas trop sombre et qui fonctionne parfaitement dans ce roman jeunesse.

Outre l’aspect cliché des personnages, je les ai bien aimé. Ils ont heureusement des caractères qui ne sont pas pour le coup totalement dans le stéréotype. Je ne trouve pas que ce sont des personnages incroyables, mais j’ai accroché à leur caractère, je me suis attaché et j’ai aimé les suivre. Jim, le personnage principal est très sympathique, j’aime particulièrement sa personnalité. Avec son acolyte Toby, ils forment un chouette duo et ils sont drôles.

Le rythme du récit est pas mal. La lecture est agréable, légère, sans prise de tête et on ne s’ennuie pas. Il y a quelques beaux passages, avec de belles émotions. Mais, j’ai trouvé que niveau actions et péripéties c’est plutôt faible et ce durant une grande partie du récit. Le rythme du récit bien que convenable, est assez linéaire. Lorsqu’il y a un peu plus d’action, ce n’est jamais très transcendant ou sinon il peut parfois y avoir des ellipses pour passer directement à la suite. Il y a également le fait que le déroulement de l’action soit trop prévisible, le schéma du récit est en lui-même aussi très prévisible. J’ai vite fait de comprendre comment les choses allaient se dérouler et je n’ai pas eu tort. Oui, c’est un roman jeunesse, mais quand même…

La fin a été la partie la plus amusante. C’est là que se concentre le cœur de l’intrigue et toute l’action. Cependant, l’action n’est toujours pas extraordinaire et très prenante, mais ça reste sympathique et plutôt accrochant. S’il y avait déjà eu cette même intensité d’action en milieu de récit, cela aurait bien mieux. Le dénouement est simple, clairement prévisible mais avec des éléments surprenants. J’ai bien aimé, c’est une fin de roman assez chouette finalement.

EN CONCLUSION :

S’il y a bien une chose que je retiens de ce roman c’est qu’il « fait » très jeunesse. Je lis beaucoup de romans jeunesse pourtant, mais là je dois reconnaître que c’était un peu trop enfantin à mon goût. La lecture reste cependant agréable et sympathique, c’est très plaisant à lire. L’univers fantastique est génial et les personnages fonctionnent bien. Il y a de belles choses qui ressortent de ce roman, comme l’amour familial ou les valeurs de l’amitié. Gros bémol sinon pour tout ce qui est des éléments clichés qu’il y a dans ce roman et que l’on retrouve PAR-TOUT ailleurs. À force de retrouver ces mêmes ingrédients dans des livres, dans des séries, dans des films, moi ça me lasse totalement.

Spontanément, c’est un roman que je ne conseille pas forcément. Mais si vous avez envie d’une lecture légère et sympathique, ça pourrait entièrement vous satisfaire.


Titre : Trollhunters

Édition : Bayard

Auteurs : Guillermo Del Toro et Daniel Kraus

Parution : 25 Mai 2016
Pages : 384 pages
Prix : 15.90€

Douze ans, sept mois et onze jours – Lorris Murail

« Douze ans, sept mois et onze jours » de Lorris Murail… C’est un roman que j’avais hâte de découvrir, maintenant que c’est chose faite je vais vous en parler.

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RÉSUMÉ :

Walden a douze ans, sept mois et quatre jours lorsqu’il est abandonné par son père dans l’épaisse forêt du Maine. Le jeune Walden est seul, perdu dans la forêt, vivant dans une cabane. Il a avec lui quelques boîtes de conserve, un livre de Thoreau et une carabine. À douze ans, sept mois et quatre jours, Walden va devoir se débrouiller par ses propres moyens pour survivre dans les bois hostiles du Maine.

MON AVIS :

À la lecture du résumé, on comprend que ce roman est un thriller (ce qu’il est en effet). On navigue à travers une atmosphère sombre, inquiétante, angoissante, mais pas de quoi faire couler des sueurs froides (du moins au début). Walden, est abandonné par son père dans la forêt, tel Hansel et Gretel, mais on ne sait pas pourquoi et on se pose la question constamment au fil de la lecture. L’intrigue se met en place très vite et j’ai tout de suite été captivé par ce roman tout à fait intrigant. J’avais donc hâte de suivre le cours de l’action.

Le personnage principal, Walden, est un garçon de douze ans d’apparence frêle et candide. J’ai énormément aimé ce personnage que j’ai trouvé touchant, plein de sincérité et attachant. C’est un personnage que je trouve cohérent du début la fin. Sa personnalité est vraie, simple et je pense que c’est la raison pour laquelle que je me suis si attaché à Walden. Il transpire l’humanité, il n’est aucunement idéalisé au fil de son évolution. Vous l’aurez compris, c’est un gros coup de cœur.

Une fois que l’intrigue est mise en place et que l’action commence, j’ai eu une crainte. J’ai eu peur de m’ennuyer. On suit « tout simplement » ce que vit Walden et au départ, il ne se passait rien de transcendant à mon goût. Ce roman n’étant pas du genre « Hunger Games » avec énormément d’actions et de mouvements, il me fallait quelque chose pour rester captivé. La crainte que j’ai eue ne s’est pas vraiment concrétisée, puisqu’au fur et à mesure j’ai trouvé ma lecture de plus en plus prenante. Oui, il se passait  des choses un peu plus intéressantes, mais ce ne sont pas les actions en elles-mêmes qui m’ont captivé, c’est l’assemblage des actions, de la narration et de l’ambiance que j’ai adoré.

Lorris Murail a un talent certain, la narration et le récit qu’il nous offre relève pour moi d’un certain génie. Dans la simplicité de la narration, il arrive à faire passer des émotions et sentiments puissants. Il faut lire entre les lignes, pour apprécier pleinement ce livre. Le récit est magnifiquement bien structuré, tout est intelligent, fin et juste. Des éléments d’apparences même banals, comme des dialogues, peuvent avoir une résonance forte. Ainsi, ce roman aborde de nombreux points de la vie en général, de choses profondes qui emmènent à réfléchir.

J’ai adoré la deuxième partie du roman, que j’ai trouvé passionnante et doublement plus haletante. On a un important retournement de situation, des révélations et on rentre on ne peut plus au cœur de l’histoire. C’est une partie plus angoissante, plus crue, plus froide et plus captivante. On est imprégné par l’atmosphère, par le récit et son intrigue, je ne voulais plus lâcher ma lecture jusqu’à la fin du livre.

Justement, cette fin, je l’ai trouvée moyenne. Elle n’est pas forcément décevante, mais j’aurais aimé mieux. C’est un fin convenable, avec de l’action et qui nous tient jusqu’au bout. Néanmoins, c’est un dénouement que j’ai trouvé simple et qui n’est pas marquant. Je n’ai pas fini ce livre en beauté, au vu de la finesse que l’auteur a montré dans son récit, je m’attendais à bien mieux.

EN CONCLUSION :

J’ai beaucoup aimé ce thriller. L’ambiance, l’atmosphère générale sombre, angoissante et haletante est très bien gérée. Le personnage principal Walden, est attachant, il est agréable à suivre au cours de ce roman. Le récit est structuré et maîtrisé à merveille. La narration fluide et simple, est en fait plus complexe qu’il n’y paraît. Elle transmet de nombreux sentiments profondément humains, qui résonnent en nous et qui nous mènent à réflexion. C’est un roman très réussi, mais la fin m’a laissé sur ma faim.

Je conseille tout à fait ce roman, la lecture est agréable, poignante. Vous pouvez vraiment faire une belle découverte.


Titre : Douze ans, sept mois et onze jours

Édition : Pocket Jeunesse

Auteur : Lorris Murail

Parution : 15 Janvier 2015
Pages : 304 pages
Prix : 13.90€

Génération K – Marine Carteron

Bonjour, je vous retrouve aujourd’hui pour ma chronique du roman « Génération K » de Marine Carteron.

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RÉSUMÉ :

Kassandre, Georges et Mina, sont trois jeunes que tout oppose. Pourtant, leurs destins sont étroitement liés. Ils portent chacun un ADN mutant, faisant d’eux des êtres aux pouvoirs redoutables. Leur ADN attise de nombreuses convoitises, ils vont devoir slalomer entre les pièges, traqués, ils vont aussi devoir se sauver. Mais, ils ne sont pas seuls… Le Maître revient… Ils sont la génération K et ce livre raconte leur histoire.

MON AVIS :

Ce roman, a immédiatement suscité mon interêt. Déjà, on commence la lecture sur un prologue, plein de mystère. L’intrigue se met en place dès le début et pour le coup j’ai directement été intrigué. Je sentais, que ça partait très bien. Ainsi, j’ai démarré ma lecture de manière positive. J’ai trouvé l’univers de ce roman assez intéressant, mais pas forcément des plus originals, vu que le thème de l’ADN mutant est assez utilisé et connu. L’ambiance de ce roman m’a par contre un peu dérangé. Je trouve que c’est une ambiance bien agencée, mais moi elle ne m’a pas plu. C’est une ambiance sombre, froide, angoissante et mystérieuse. Ce genre d’ambiance peut parfois me plaire, malheureusement là ça n’a pas été le cas.

Chaque chapitre est narré par un des trois personnages : Kassandre, Georges ou Mina. Ils vont chacun prendre des chemins différents, et j’ai apprécié les suivre dans leurs différentes péripéties. Ces trois personnages, sont bien pensés, ils sont complémentaires, mais les caractères ne sont pas assez développés selon moi. Les trois protagonistes peuvent avoir quelques aspects un peu clichés, et leurs caractères ne sont pas assez marqués pour que je m’y attache. Aussi, ce sont des personnages mystérieux et intrigants, je n’ai pas appris assez sur eux, dans ce premier tome, pour m’y attacher.

Le récit est dynamique, plein d’actions et de rebondissements. Il y a un rythme sympathique, on ne s’ennuie pas, ce sont donc de bons points. Mais, malgré mon enthousiasme du début, je suis allé de déconvenues en déconvenues. Je n’ai pas réussi à entrer dans le récit, je n’ai pas du tout été captivé. Ce sentiment de distance que j’ai eu vis-à-vis du récit, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas ressenti. Pourtant, à chaque fois que je lisais ce roman c’était pendant une durée plus importante que ma moyenne habituelle. Ce n’est donc même pas la faut d’une lecture trop saccadée.

Si je n’ai pas réussi à être entièrement entraîné par ce roman, je pense que c’est d’une part à cause des personnages. Je m’y suis vraiment peu attaché, même s’ils m’ont globalement plu. De ce fait, n’étant pas captivé ces derniers, j’ai eu du mal à l’être par ce qu’ils vivaient. Aussi, je pense surtout que le problème vient de la narration. J’aime les romans, où plusieurs personnages sont narrateurs, mais là je pense qu’il y avait certaines failles, ce n’était pas totalement solide. Par exemple, il a manqué pour moi de fluidité par moments. Aussi, je n’ai pas réussi à entrer dans le récit, car il n’y avait pas assez de descriptions. Je ne suis pas grand fan de description pourtant, c’est rare que j’en demande! Surtout que c’est un roman fantastique, il y a eu par exemple des créatures que je n’ai pas réussi à bien me représenter.

La fin de ce roman est tout à fait satisfaisante. On a vécu et appris de nombreuses choses au cours de ce premier tome, et on finit encore sur des passages mouvementés. Il se passe beaucoup de choses, des choses importantes, ça crée une certaine excitation et envie de lire le tome suivant. Malheureusement, il y a eu pour moi, là aussi un certain manque de maîtrise. Ça partait un peu dans un fouillis, que je n’ai pas trouvé plaisant.

EN CONCLUSION :

J’ai globalement aimé ce roman, mais je suis quand même déçu. C’est un livre, qui dès ses premières pages est plein de promesses et de bonnes idées. L’univers est chouette, l’ambiance sombre est bien créée, l’intrigue est également intéressante, tout comme l’histoire en elle-même d’ailleurs. Je n’ai cependant pas réussi à entrer véritablement dans ce récit, à cause de petits éléments qui cumulés ont eu un poids négatif. Les personnages ne sont pas assez caractériels, ça manque de descriptions pour bien se représenter ce que l’on lit. Parfois la narration n’est pas aussi très stable, je trouve. Tout cela est vraiment dommage car dans l’ensemble c’est un bon roman, intriguant, mystérieux, avec de l’action et des rebondissements bien placés.

Je ne suis pas assez convaincu,  je ne vais donc pas courir acheter le second tome (qui sort le 1 Mars 2017). Mais, bien sûr, si l’occasion se présente je le lirai car j’ai foi en ce que je puisse l’aimer intégralement, pour le coup.

Je ne peux pas vous conseiller ce roman de manière générale. Mais si vous aimez vraiment les romans fantastiques, où il est question de créatures, de pouvoirs et de traques, ce roman peut sûrement vous plaire!


Titre : Génération K

Édition : Rouergue

Auteur : Marine Carteron

Parution : 14 Septembre 2016
Pages : 304 pages
Prix : 14.00€

Nos années sauvages – Karen Joy Fowler

« Nos années sauvages » de Karen Joy Fowler… J’ai lu énormément de commentaires positifs sur ce livre, mais du négatif aussi. Ce livre a été plébiscité par beaucoup et loué par la presse. Comme toujours, lorsqu’un livre est autant plébiscité, il attise ma curiosité et mon envie de le lire. Ni une, ni deux, j’ai sauté le pas et je vous en parle aujourd’hui.

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RÉSUMÉ :

C’est l’histoire d’une famille, deux sœurs, un frère et leurs parents, qui vivaient ensemble et heureux. Rosemary, était une fille extrêmement bavarde. Mais un jour, sa sœur disparaît sans grande explication. Puis, un jour c’est son frère qui part, sans prévenir et qui ne revient plus. Depuis, Rosemary a cessé de parler. Aujourd’hui, elle a décidé de nous ouvrir son coeur pour nous conter son histoire. L’histoire d’une famille hors normes, et de sa sœur, Fern, littéralement pas comme les autres…

MON AVIS :

Dès la première page, j’ai compris que cette lecture allait être très différente de ce dont j’ai l’habitude. Première excentricité, la narratrice ne commence pas son histoire par le début. Elle débute au milieu, fait des bons en arrière et revient au présent. C’est déconcertant au départ , j’ai trouvé ça osé, mais c’est original et puis c’est bien manier, on ne se perd donc pas.

J’ai directement été saisi par ce roman. L’ambiance, la narration et le début de l’histoire de Rosemary m’a intrigué. On ne comprend pas encore tout mais on sait que Rosemary a un lourd passé, cela se sent dans sa narration très mystérieuse. « Mystère » est le mot qui caractérise selon moi le mieux le commencement du récit. J’ai été envoûté par cette lecture, et ce, surtout grâce au style d’écriture de l’auteur. Karen Joy Folwer a une plume magnifique, captivante, pleine d’intelligence et de poésie. Son style me rappelle en certains points, celui de John Green, auteur que j’aime beaucoup.

Rosemary, commence par nous raconter sa touchante histoire familiale de façon d’abord superficielle. Elle ne rentre pas dans les détails, mais cela avait suffi à me plaire.  À la fin du premier tiers du récit, elle va désormais entrer dans le vif du sujet. Pour cela, elle va nous révéler l’identité de Fern, sa sœur, qui est le cœur de son histoire. Cette révélation-là, a été pour moi un choc, je suis tombé des nues comme je l’ai rarement été. Dès lors, la façon dont j’ai vécu cette lecture, a été totalement altérée.

Tout au long du récit, on découvre l’histoire atypique de la famille de Rosemary. Une famille américaine comme il en existe peu. On découvre un passé triste, joyeux, riche en espoir, en amour, mais aussi en méfiance et désespérance. C’est une histoire profondément touchante et on ne peut pas le nier. En plus, mêlée à la profondeur d’écriture de l’auteur, on a quelque chose de passionnant. Paradoxalement, je dirais que c’est une lecture passionnante mais qui ne m’a pas passionné. J’ai été touché par ce récit, mais pas autant que je l’aurais pu. Pourquoi? Parce que l’identité de Fern et tous les sentiments lui étant liés, entrent en contradiction avec ce que je trouve « décent ». J’ai trouvé que le situation était un peu exagérée, presque risible. J’ai aussi trouvé excessif de nombreux aspects de ce roman. Sans trop en dire, rien que du fait de Rosemary soit la sœur de Fern, j’ai du mal à l’adhérer.

Même si je n’ai pas vécu l’histoire à fond comme il l’était possible, j’ai apprécié ma lecture. Par contre, si la plume de l’auteur ne m’était pas aussi plaisante, il est clair que ça aurait été une lecture plus compliquée. Après nous avoir raconté suffisamment son passé, Rosemary passe à la narration de ce qu’elle vie, dans le présent. On la suit dans sa vie d’étudiante, entre la colocation, les amitiés etc et cela m’a vraiment plu. On apprend à connaître Rosemary différemment, c’est plaisant et je l’ai ainsi apprécié davantage.

Dans la dernière partie du roman on est donc exclusivement dans le présent, et c’est pour cela que c’est ma partie préférée. Les allusions au passé et donc à Fern sont toujours présentes, mais de façon différente et de ce fait j’ai été moins « gêné ». C’est une partie plus vivante avec davantage de rythme et d’enjeux. Rosemary « va laisser » légèrement Fern de côté, pour se tourner vers une nouvelle lueur d’espoir. Son frère aîné qu’elle n’a pas vu depuis des années, refait surface.

J’ai vraiment apprécié la fin de ce livre. Il y a de belles émotions, surtout, plus d’émotions que j’arrive totalement à comprendre. Toute l’histoire de Rosemary, par rapport à Fern et tout ce qu’il y a autour, a été synthétisé en plusieurs messages inspirants et d’actualités. Cette fin nous emmène à réfléchir sur de nombreuses choses de la Vie, sur tous ses aspects. Jusqu’où peut-on aller pour la science? Est-ce que les différences comptent dans l’amour?…

EN CONCLUSION :

Ce n’est pas que je n’ai pas aimé le sujet de ce roman, c’est juste que personnellement je ne le comprends pas, il me laisse perplexe. Peut-être ai-je une vision trop conventionnelle des choses, mais l’intensité des sentiments vis-à-vis de Fern, surtout, m’ont troublé et donc pas entièrement touché. Je comprends maintenant pourquoi les avis sont si opposés sur ce roman. Le récit en lui-même m’a plu. J’ai passé de bons moments de lecture et je trouve l’écriture de l’auteur magnifique. Rosemary est un personnage attachant, les sentiments qu’elle éprouve sont quoi que l’on pense beaux. J’ai surtout apprécié la dernière partie du récit ainsi que la fin qui délivre de beaux messages et qui nous porte à réflexion.

« Nos années sauvages » c’est une histoire touchante, bouleversante et très surprenante. Le sujet ne m’a pas entièrement touché, il m’a troublé. Ce livre n’est donc pas un coup de cœur. Pour moi ça été une chouette lecture, mais sans plus, malheureusement.


Titre : Nos années sauvages

Édition : Presse de la cité

Auteur : Karen Joy Fowler

Parution : 21 avril 2016
Pages : 368 pages
Prix : 21,00€

Quartier Lointain – Jirô Taniguchi

Bonjour, dernièrement j’ai lu le manga « Goggles » de Tetsuya Toyoda que j’avais beaucoup aimé. Ça m’a donné envie d’en lire davantage et j’ai donc enchainé avec « Quartier Lointain » de Jirô Taniguchi.

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Résumé :

Hiroshi est un homme mûr, ayant femme et enfants. De retour d’un voyage d’affaires, il prend malencontreusement un train allant à sa ville natale. Il profite de l’occasion pour faire un détour au temple où repose sa mère, décédée vingt-trois ans auparavant. Soudain, le voilà protégé dans le passé, au temps où il n’était qu’un collégien insouciant. Ce qu’il pensait d’abord n’être qu’un rêve, n’en est en fait pas un. Le voilà parti pour revivre un pan de son enfance…

Mon Avis :

Le concept du voyage dans le temps me plaît et m’intéresse, j’ai donc apprécié le retrouver dans ce manga. Qui plus est, nous entrons dans un univers à l’aspect réaliste, ce n’est absolument pas fantastique. Cela, m’a vraiment satisfait car le fantastique est un genre qui ne me plaît pas toujours.

Hiroshi, un homme de quarante huit ans, va retomber à l’époque où il avait quatorze ans. Il redécouvre avec stupeur sa ville natale telle qu’elle était à son enfance et retrouve avec émotion son père et sa mère. Ce n’est pas un rêve, en tant que collégien qu’il est redevenu, Hiroshi va retrouver les bancs scolaires, ses amis d’autrefois etc… Je m’attendais complètement à ce qu’Hiroshi ait pour but de comprendre ce qu’il lui est arrivé et comment s’en sortir. À ma surprise ça n’a pas été le cas, cela sera sûrement pour un tome suivant. Ainsi, lorsque j’ai compris qu’il allait « simplement » revivre sa jeunesse, je me suis un peu refroidi. L’histoire était jusque là pas mal, mais je me demandais si je n’allais pas m’ennuyer.

Eh bien non, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Jirô Taniguchi a manié cette histoire avec finesse et intelligence, le scénario est très bon. N’avez vous jamais imaginé revivre une partie de votre vie? Moi, comme de nombreuses personnes, (pour ne pas dire presque tout le monde), oui! Et bien là, à travers l’expérience d’Hiroshi, on voit ce que ça donne, c’est intéressant et très bien abordé. Grâce à sa maturité et aux événements accumulés jusqu’à ses quarante huit ans, en retournant dans son enfance, il aborde les choses différemment. De ce fait, il revit sa jeunesse mais en la changeant, il comprend donc avec appréhension, que par logique son avenir pourrait ne plus être le même. Il va cependant prendre cette nouvelle jeunesse avec plaisir et pour nous ce n’en est qu’agréable. Il connaît l’avenir de sa famille et sait qu’il n’est pas des plus beaux. Hiroshi va tenter de percer les secrets familiaux pour mieux la préserver et éviter le drame qu’il sait. Plus j’avançais et plus ce manga m’a captivé. C’est une histoire belle, touchante, émouvante et légèrement teinté d’humour que j’ai finalement beaucoup aimé.

Pour ce qui est des illustrations, il faut dire que je les ai apprécié mais sans plus. Elles sont bien, mais je ne les trouve pas géniales. Dans l’idéal, j’aurais aimé que le trait soit un peu plus fin. Ce qui m’a le moins plu, c’est surtout la gestion des contrastes et des tons de gris. Les illustrations étant uniquement en noir et blanc, je trouve que c’est quand même quelque chose d’important. Encore une fois, rien de dramatique mais personnellement ça ne me plaît pas énormément. « Désolé Jirô Taniguchi, tes dessins sont sympathiques mais pour moi ce n’est pas le coup de cœur ».

J’ai bien aimé la fin de ce premier tome. On termine sur quelque chose de plus concret, de plus profond et de beaux enjeux naissent. C’est une fin qui m’a hautement donné envie de lire le tome suivant, ce que je ferai prochainement.

En conclusion :

Le concept de ce roman est intéressant et bien manié. Le voyage dans le temps est un thème assez récurrent il faut dire, mais là je n’ai pas eu de sentiment de déjà-vu. L’histoire d’Hiroshi, qui revit son enfance est belle, touchante et émouvante. L’auteur sait comment captiver l’attention, de sorte à ce l’on se retrouve toujours plus plongé dans ce livre au fur et à mesure. Jirô Taniguchi a manié son scénario et l’histoire avec finesse, intelligence et sensibilité et c’est réussi. Les illustrations sont jolies, sans être pour moi fantastiques. Personnellement, j’ai surtout du mal avec la gestion des contrastes et des tons de noir.

C’est un très bon premier tome, qui promet beaucoup pour la suite. J’ai hâte de lire la suite pour voir comment l’histoire va être emmenée.


Titre : Quartier Lointain, tome un

Édition : Casterman

Auteur : Jirô Taniguchi

Parution : 27 Octobre 2002
Pages : 200 pages
Prix : 14,50€

Du bonheur à l’envers – Pascal Ruter

Bonjour, on se retrouve aujourd’hui pour ma chronique du roman « Du bonheur à l’envers » de Pascal Ruter. Du même auteur, j’avais déjà lu « Le cœur en braille », un joli roman qui m’avait touché et qui met en scène le même personnage que dans « Du bonheur à l’envers » mais dans une tout autre histoire. Vous pouvez donc lire ces livres dans l’ordre que vous souhaitez, ça ne change rien.

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Résumé : 

Victor est un jeune garçon tout à fait banal. Il va à l’école, rentre chez lui et retrouve sa famille, joue avec ses amis, fait de la boxe… Même si sa vie est globalement tranquille, elle est tout de même bien rythmée par les tracas familiaux. Le moins que l’on puisse est que la vie familiale de Victor n’est pas des plus ternes. Cela sera encore plus vrai avec l’arrivée de l’oncle Zak. Ses parents l’ont prévenu, si par malheur il rencontre l’oncle Zak, il devra s’en tenir le plus loin possible et ne pas suivre son exemple. Mais c’est que les mauvais exemples sont parfois si tentants… Quand l’ouragan soufflé par l’oncle Zak surgit, c’est tout le quotidien qui se retrouve bouleversé…

Mon Avis :

La plume de l’auteur est douce, légère et fluide. Très vite, on est embaumé par cette ambiance assez chaleureuse, reposante simple et sans prise de tête. Nous suivons la petite vie de Victor, un garçon âgé d’une dizaine d’années. Il vit paisiblement avec ses parents et sa tante surnommée « Tante Étoile », qui est autiste, viens souvent leur rendre visite. L’environnement de ce roman est centré sur la vie sociale et est dépeint avec réalisme. Les problématiques et personnages sont aussi globalement réalistiques. La famille de Victor est en quelque sorte vraiment banale, ils ne sont ni riches ni spécialement pauvres, dans leurs vies tout n’est pas bien cadré, ils doivent faire face à des problèmes qui peuvent toucher n’importe qui…

De prime abord, on pourrait alors croire que cette histoire a un aspect si banal qu’elle n’en vaudrait pas la peine et qu’elle pourrait être ennuyante. Détrompez-vous, ce n’est absolument pas le cas. Derrière cet univers pas forcément très original et cette histoire à l’allure simpliste, se cache un vrai trésor. Une partie de ce trésor c’est déjà le diamant brut, qu’est le personnage principal, Victor. C’est un très beau personnage, il est unique, intelligent et surprenant. Sa naïveté et sa sensibilité font une grande partie du charme de ce roman. Ses réflexions sur la vie, ses actes, sa façon de pensée, sa gentillesse… Tout cela est d’une beauté pure et il nous touche profondément. Son insouciance est mignonne, c’est un personnage que j’ai beaucoup aimé, auquel je me suis réellement attaché et que je n’oublierai pas d’aussitôt.

L’histoire est en soi simple, elle n’en est pas mauvaise pour autant. Victor par sa personnalité apporte du cachet, mais les éléments de l’histoire sont aussi bien pensés et créent ensemble quelque chose de beau et d’unique. Il n’y a pas spécialement d’intrigue forte, mais ici ce n’est pas dérangeant. Nous suivons la vie de Victor partagée entre amis, voisins, famille, école etc…on prend les choses telles qu’elles arrivent. C’est un roman à deux voix, la narration de Victor est majoritaire, c’est la narration principale, mais certains passages sont consacrés à Julie. Julie est une adolescente, c’est la nouvelle voisine de Victor. Elle n’est pas dans sa plus grande forme car de tristes et récents événements de sa vie l’affecte énormément. Elle apporte au récit une touche supplémentaire très intéressante et utile. Le récit n’est pas forcément très dynamique, avec beaucoup d’action, de rebondissements… Néanmoins je n’en ai pas ressenti le besoin, l’auteur s’est concentré sur son sujet, l’a travaillé et embelli de telle sorte qu’il arrive à nous accrocher sans « artifices ». Je n’ai pas non plus été réellement captivé, mais j’ai été entraîné et absorbé du début à la fin.

L’arrivée de l’oncle Zak va bouleverser la vie de Victor et également le cours du récit. À partir de ce moment, c’est bien plus intéressant, plus mouvementé et les émotions sont plus nombreuses et significatives. Les messages véhiculés sont aussi plus profonds et inspirants. Le coup de fouet que provoque son arrivée emmène son lot de surprises. Cela va donner lieu à de très beaux passages mais également à des moments moins positifs. L’oncle Zak est un personnage haut en couleur, il est très important. Cependant, je dois dire que personnellement je n’aime pas du tout son caractère. Il est sympathique, mais tellement indifférent et décomplexé, que ça m’en est devenu insupportable. Il apporte du positif mais génère aussi trop de problèmes.

La fin du roman m’a satisfait, mais n’est pas non plus transcendante. C’est un dénouement bien maîtrisé et riche en émotions. On finit sur de jolies notes, avec de très belles scènes et de bonnes morales. C’est aussi une fin triste, qui dégage beaucoup et qui est touchante et émouvante.

En conclusion :

« Du bonheur à l’envers » est un bon roman. Le ton est léger, fluide et doux. L’histoire est belle et émouvante. Le personnage principal est l’atout charme de ce livre grâce à sa naïveté, son insouciance et sa gentillesse qui fait de lui un personnage touchant et attachant. Le récit nous entraîne totalement dans la vie de Victor et on ne s’ennuie pas. C’est également une histoire assez poétique finalement, avec de très beaux passages et messages véhiculés. L’oncle Zak est un personnage clef, qui donne de l’impulsion au récit. Malheureusement, bien que j’aie su apprécier sa fonction, je ne me suis pas accroché à ce personnage dont la personnalité ne me plaît pas tellement.

Une lecture en toute en finesse et en justesse que je conseille dès dix ans.


Titre : Du bonheur à l’envers

Édition : Didier Jeunesse

Auteur : Pascal Ruter

Parution : 29 Mai 2013
Pages : 304 pages
Prix : 6,98€