Moi présidente – Gérard Mordillat

Hey! Vous n’êtes pas sans savoir que cette année 2017 se déroule les élections présidentielles en France. Quand j’ai vu le roman « Moi présidente » sur le présentoir d’une bibliothèque, c’est avec curiosité que je me suis avancé vers celui-ci. La quatrième de couverture m’a intrigué davantage et c’est comme ça que je me suis décidé à lire ce roman, on ne peut plus dans l’actualité du moment!

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Résumé :

Avis de tempête à l’Elysée, la nouvelle présidente a une sacrée personnalité! Elle dévoile ses meilleures mesures pour remettre le pays d’aplomb. Levée d’une croisade, polygamie obligatoire, rétablissement de l’esclavage ne sont que quelques exemples des brillantes idées de la présidente. Elle souhaite « purger la France de toute racaille », c’est-à-dire « des Rebeux, des Blacks, des Niakoués, des Roms… ». Pour atteindre ses objectifs, la présidente est épaulé de ses  ministres de la Précarité Raisonnable et du Racisme Efficace, qui applaudissent à chacun de ses dires.

Mon Avis :

Ce roman est qualifié de sotie et lorsque l’on rapproche déjà la définition de sotie au résumé de ce livre, on comprend totalement pourquoi. Une sotie est « Une farce à caractère satirique jouée par des acteurs en costumes de bouffons, allégorie de la société du temps ». Précision : ici il s’agit d’un récit en prose, ce n’est pas une pièce de théâtre à lire. Alors moi, avec ce livre je m’attendais à me fendre la poire, ou du moins à passer des moments très drôles. Vous allez le découvrir, mes attentes ont dépassé la réalité…

Dans ce roman, nous suivons une journée de la présidente, par l’intermédiaire d’une chaîne de télé qui doit la filmer en direct live toute la journée. Première prise de parole de la présidente et première grossièreté. Il est vrai que dans les romans, les grossièretés je ne les aime pas ou sinon avec parcimonie. Cette première prise de parole a donné le ton, les grossièretés dans ce roman, on en trouve dans presque toutes les pages. Un peu, par ici, par là c’est drôle, mais là constamment, j’ai trouvé ça vraiment pesant au niveau de la lecture.

Ce roman est dans son intégralité une satire de notre société actuelle. Principalement, on a surtout une satire de la classe politique. Le système politique est ridiculisé, à travers cette nouvelle présidente décadente et ces ministres, qui doivent toujours aller dans son sens. Cette image, m’a immédiatement rappelé les systèmes monarchiques d’antan où le roi faisait parfois, il faut le dire, un peu n’importe quoi et les conseillers, les ministres n’osaient pas le contredire. Dans cette satire que nous propose Gérard Mordillat, auteur de ce roman, c’est finalement la présidente qui en prend le moins de façon directe. Cette dernière, dans son extravagance, fait ce qu’elle veut et il est délectable de voir son entourage essayer de se dépatouiller. La situation au palais présidentiel est d’un ridicule absolu, et le fait qu’une chaîne de télé filme tout cela en direct live, ne fait que rajouter du ridicule.

La présidente est un personnage très fort dans ce roman. Son attitude est décomplexée, sa manière de parler est cinglante, clairement elle en impose et son exubérance est tout à fait risible. Cette présidente, qui souhaite « Purger la France de toute racaille », et qui met en place des mesures aberrantes, bien sûr peut nous faire penser à une certaine dame, que l’on connaît tous et qui pourrait devenir présidente cette année. Néanmoins, rien d’explicite ne pourrait clairement donner la certitude que ce roman vise cette femme en particulier. Surtout, que ce roman vise clairement un peu tout le monde, les socialistes sont visés par exemple.

Dans une farce à caractère satirique, l’humour est un élément essentiel. L’humour dans ce roman était de la partie, c’est indéniable, mais est-ce qu’il m’a plu, pas entièrement. C’est un humour parfois très fin et que j’ai de nombreuses fois apprécié. Ça se joue parfois à des références historiques ou récentes et si on y prête pas attention, on peut passer à côté. Il y a plein de petites situations, qui m’ont réellement amusé. Mais à part ça, je n’ai pas vraiment ri lors de ma lecture. Le langage grossier, je l’ai dit précédemment m’a vite agacé et puis il y a un certain comique de répétition qui m’a également épuisé.

Au niveau du récit, j’ai trouvé que c’était assez linéaire, le même schéma général est réutilisé, on sait à quoi s’attendre. Il n’y a pas de nouveauté apporté, pas d’effet de surprise. De ce fait, je n’ai pas réussi à être captivé par ce récit auquel je n’ai pas trouvé un profond intérêt. J’ai tenu jusqu’à la fin, qui elle également n’offre rien de plus. Selon moi, ce roman fonctionnerait mieux adapté au théâtre. Le genre s’y prête totalement, et le jeu scénique pourrait être alors intéressant et drôle.

En conclusion :

Je ne suis clairement pas convaincu par ce roman. L’écriture est bonne, l’humour est parfois fin et alors crée quelque chose d’intéressant, le personnage de la présidente est bon. Mais, le récit manque de texture, tout est focalisé sur la situation et sur l’humour, alors que l’humour n’est selon moi pas optimal. Le langage grossier, le même comique de répétition utilisé du début à la fin du roman, par exemple, rendent la lecture assez indigeste et parfois aussi lassante je trouve.

Je ne conseille pas ce livre, globalement je n’ai pas passé de très bons moments de lecture. Finir, ce livre a carrément été une sorte de délivrance tellement je n’étais captivé par le récit, c’est malheureux!


Titre : Moi présidente

Auteur  : Gérard Mordillat

Edition : Autrement

Parution : 21 Septembre 2016
Pages : 118 pages
Prix : 10.00 €

Varulf – Gwen de Bonneval – Hugo Piette

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de bande dessinée, alors que j’adore ça. Afin de pâtir à cela, j’ai donc récemment lu « Varulf, tome un : la meute » et je vous en parle tout de suite.

Varulf : nom d’origine scandinave évoquant la transformation de l’homme en loup ou en tout autre animal.

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Résumé :

Dans un petit village nordique, les habitants vivent avec la peur de mourir et de perdre un proche. La nuit, des animaux sauvages sortent de la forêt et s’en prennent sans raison aux gens du village. À chaque visite, ils retirent la vie d’un membre du village. Dernièrement, les deuils se font de plus en plus réguliers, les villageois sont unanimes,  tout cela doit cesser. Une incroyable révélation va contraindre des jeunes du village à fuir. L’assassin vit parfois juste à côté de sa future victime…

Mon Avis :

Pour une fois, je vais commencer par les illustrations. Déjà, je les ai beaucoup aimées. Je les trouve simples et bien travaillées, le rendu est vraiment pas mal. J’apprécie le travail qui a été fait au niveau des couleurs. Les illustrations sont majoritairement très colorées, elles donnent envie de plonger dans cette bande dessinée. Les couleurs ont un léger côté pastel je trouve, qui confère une atmosphère « tamisée », si je puis m’exprimer ainsi. Les couleurs, sont également bien choisies en fonction du passage, ainsi ça facilite l’immersion dans l’univers de « Varulf ». Néanmoins, s’il y a un petit élément qui m’a dérangé, c’est justement le passage entre une partie sombre et l’autre extrêmement coloré. J’avais comme l’impression d’être ébloui, par une lumière soudaine.

Le scénario, n’est pas des plus extraordinaires qu’il soit, mais il fonctionne à merveille. Dès, les premières pages, on se questionne quant à la suite de l’histoire. C’est un premier tome, donc l’intrigue se met en place doucement, mais sûrement. Ici, on ne se contente pas de voir l’histoire se mettre en place en vue des tomes suivants, il y a déjà des péripéties dans ce premier tome. Le scénariste, nous tient en haleine continuellement, on est captivé par l’histoire. De nombreux mystères et non-dits aiguisent notre intérêt. L’intrigue est plutôt originale, j’ai vite accroché. Un village où des gens se font tuer par des animaux sauvages la nuit, dont on cherche à arrêter et à comprendre ce qui se passe, moi je trouve ça prometteur. Je peux affirmer à la lecture de ce premier tome que ça l’est réellement!

Au cours de ce tome, nous suivons un groupe composé de quelques jeunes du village. Alors, franchement, je les ai adoré! Ils m’ont fait sourire, ils sont drôles, ont de la répartie, c’est très agréable de les suivre. J’ai passé de superbes moments en leur compagnie, on a vraiment l’impression d’être avec eux. Les caractères, ensembles, fonctionnent très bien. Je me suis plus attaché au groupe, qu’aux différents personnages qui le composent. J’espère que dans les prochains tomes, les personnages seront davantage individualisés, car ils ont tous l’air très intéressants.

Comme expliqué précédemment, le scénario est très bien pensé. On passe par plusieurs rebondissements et l’auteur sème au cours de l’histoire, quelques éléments de réponse, qui rajoutent du mystère. L’intérêt que j’ai eu pour cette bande dessinée a évolué crescendo. Ainsi, à la fin de ma lecture, j’ai ressenti un sentiment de satisfaction. Qui plus est, j’ai eu et j’ai toujours énormément envie de lire les tomes suivants, ce premier tome nous vend parfaitement l’histoire.

En conclusion :

Je m’attendais pas à autant aimer cette bande dessinée. Derrière ses illustrations un peu simples au premier regard, le scénario de cette BD, bien qu’également assez simple dans une certaine mesure, se révèle être d’une grande qualité. C’est un scénario bien construit et ficelé, qui met en place intelligemment le contexte et l’intrigue, tout en satisfaisant le lecteur avec de premières péripéties. Les personnages sont sympathiques, le groupe qu’ils forment est très agréable à suivre. C’est un premier tome sans faute, qui donne totalement envie de découvrir la suite, qui semble prometteuse.

« Varulf » tome un, oui je conseille. En tant que petite lecture détente, je trouve que ça fait agréablement bien l’affaire.


Titre : Varulf (tome un : la meute)

Scénariste : Gwen de Bonneval

Illustrateur : Hugo Piette

Edition : Gallimard Jeunesse

Parution : 10 Janvier 2013
Pages : 96 pages
Prix : 16.50€

C’est Lundi, que lisez vous?

C'est lundi que lisez vous

Salut, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour le rendez-vous « C’est Lundi, que lisez vous? ».

 C’est un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books.  Et c’est Galleane qui a reprit la relève.

C’est parti, je réponds aux trois questions!

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

La semaine passée, j’ai continué ma lecture du roman « U4 Yannis » de Florence Hinckel.

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

En ce moment je finis « U4 Yannis » et je lis « Voyage au bout de la nuit » de Celine. Pour l’instant, j’aime moyennement ce roman de Celine. Je trouve le récit lent et le langage familier me gêne un peu. Cependant,  je trouve que c’est un roman intelligent, singulier et la subjectivité apportée au récit par l’auteur est intéressante.

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3. Que vais-je lire ensuite ?

Ensuite, je compte lire « Cell 7 » de Kerry Drewery, que j’aurais voulu commencer depuis un bon moment. Mais malheureusement, ces derniers temps, j’ai du mal à trouver du temps pour lire 😦 … #TropTriste #TropDeTravail

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À mercredi prochain pour une nouvelle chronique!

The revolution of Ivy – Amy Engel

« The revolution of Ivy » d’Amy Engel est le second tome de la duologie « The book of Ivy ». J’ai adoré le premier tome, qui m’a conquis du début à la fin. J’avais hâte de lire ce deuxième et dernier tome, j’en attendais beaucoup.

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Résumé :

Condamnée comme traîtresse, Ivy doit quitter Westfall. Elle est maintenant de l’autre côté de la barrière, jetée au milieu d’un univers hostile et dangereux. Ivy a tout perdu, son foyer, sa famille et Bishop, l’homme qu’elle aime. Elle pourrait s’apitoyer, se laisser mourir de faim, de soif, ou laisser une bête sauvage s’occuper d’elle. Mais Ivy refuse d’abandonner. L’hiver arrive, elle va devoir survivre et désormais elle fera ses propres choix…

Mon Avis :

Dès les toutes premières pages de ce roman, je me suis retrouvé à nouveau plongé dans l’univers de cette saga dystopique. On retrouve Ivy là où on l’avait quitté, l’action démarre directement, je n’aurais pas pu souhaiter mieux!

Ivy , est livrée à elle-même en terrain hostile, on la suit dans sa nouvelle condition de survivante. L’ambiance est alors plus crue et froide, que le tome précédent. On est enveloppé par cette ambiance, captivé et attentif à la moindre chose qui pourrait se passer. Justement, des choses il s’en passe! On a de nombreux rebondissements, qui nous prennent à chaque fois à contrecoup, on ne s’y attend jamais. Il y a toujours une certaine tension dans l’air, l’auteur joue avec ça. Certains passages, sont pour nous lecteurs même angoissants, on est inquiet et on s’imagine tous les scénarios possibles. Tout cela donne donc un ensemble très prenant et addictif. La lecture est fluide et on ne voit pas les pages défiler.

À la suite d’un ultime rebondissement, complètement inattendu et nous faisons passer par toutes sortes d’émotions, le récit va prendre une toute autre tournure. Progressivement, le rythme décélère, la tension diminue. Moi aussi, mon intérêt a diminué, on quitte une partie haletante, que j’appréciais lire pour rentrer dans quelque chose que j’ai moins aimé. Désolé, je reste flou avec mon « quelques chose », mais j’essaye de ne pas spoiler.

Ce qui m’a surtout déplu, c’est le caractère d’Ivy. Elle est en temps normal déjà assez atypique comme personnage. C’est une jeune femme, déterminée, passionnée, aussi forte que faible, elle est complètement indéchiffrable. Mais là, Ivy devenait de plus en plus insupportable par sa façon d’être. Elle se contredisait dans ses actes, dans ses paroles, faisait de nombreuses histoires, que je trouvais assez futiles. Et pendant, une bonne partie le récit ne se concentrait que sur Ivy et tout le « cirque » qu’elle faisait, pour pas grand-chose selon moi. J’avais constamment envie de la secouer, de lui crier « arrête » et de lui conseiller les choses à faire. Du coup, une bonne partie de ma lecture a été « gâché » parce que je l’ai trouvé (désolé du terme) soûlante. Ivy, c’est un personnage que j’aime beaucoup, mais là c’était trop pour moi. Dans ce tome, on a également deux nouveaux personnages importants, que j’ai adorés. J’ai apprécié leur personnalité, ce qu’ils apportent au récit et ils sont attachants. Bishop, lui, reste fidèle à lui-même et je ne l’ai que davantage apprécié.

Le dernier tiers du roman est très bien réussi! Il y a de gros enjeux, on rentre dans une partie plus palpitante avec de l’action. J’ai été encore plus captivé que je ne l’ai été au début, c’était très dynamique et haletant. On vibre avec les personnages, on a peur avec eux, on est heureux avec eux. C’est surtout une fin de roman émouvante et poignante. Certains passages font vraiment mal au cœur, les émotions sont en effet très importantes. C’est une fin magnifiquement réussie, pas tout à fait extraordinaire, mais je suis quand même satisfait.

En conclusion :

J’ai beaucoup aimé ce second tome, pas autant que je l’aurais voulu malheureusement. Le premier tome est selon moi bien meilleur. Là, ce qui m’a principalement posé problème c’est Ivy, qui dans le milieu du roman m’a été insupportable. Si elle est devenue comme ça c’est à cause d’un élément principal de ce roman et de cette saga. Mais je ne peux pas en dire plus au risque de gâcher la lecture de certains. À part ça, le récit était agréable à suivre, les personnages sont sympathiques et attachants. Le début et la fin du roman sont des parties vraiment réussies. Il y a de l’action, c’est mouvementé et addictif. On finit ce dernier tome et donc cette duologie en beauté, sur de beaux passages et de belles émotions.

Je vous conseille entièrement la duologie « The book of Ivy ». Si vous aimer la romance et la dystopie, je pense que vous serez totalement conquit.


Titre :  The revolution of Ivy

Auteur : Amy Engel

Edition : Lumen

Parution : 5 Novembre 2015
Pages : 326 pages
Prix : 15,00€

Trollhunters – Guillermo Del Toro – Daniel Kraus

« Trollhunters » est un roman écrit à quatre mains, que j’avais très envie de lire. En effet, « deux de ces mains » appartiennent à Guillermo Del Toro qui est un producteur, scénariste et réalisateur mexicain assez connu. J’ai vu un de ses films qui n’est autre que « Le labyrinthe de Pan » et j’ai adoré l’univers qu’il a inventé. Vu l’imagination débordante de Guillermo Del Toro, je voulais vraiment découvrir ce qu’il allait alors proposer dans ce roman.

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RÉSUMÉ :

Tout commence en 1965, dans une petite ville de Californie où des enfants disparaissent mystérieusement. Un jour, c’est le jeune Jack Sturges de treize ans, qui est enlevé sous le regard horrifié de son cadet Jim. Quarante ans plus tard, Jim Sturges ne s’est toujours pas remis de l’événement marquant qui a marqué son enfance, à tel point qu’il est devenu un brin paranoïaque. Il a transformé sa maison en vrai forteresse, pour protéger sa famille. Sa femme l’a quitté, Jim vit seulement avec son fils Jim Junior, un lycéen. Malgré toutes les précautions prises par Jim Struges, une créature parvient dans la chambre de son fils et le kidnappe…

MON AVIS :

J’ai très vite accroché à ce roman, dès le prologue en fait. Ces histoires de disparitions, de créatures effrayantes qui sont des trolls, ça m’a donné envie. J’ai trouvé aussi l’écriture très fluide, on ne ressent absolument pas que c’est un récit rédigé à quatre mains. Il n’y a pas de mélanges de style, qui pourrait rendre la lecture déséquilibrée, vraiment tout est homogène.

Il y a une chose dans ce roman, qui m’a assez énervé et que je trouve lassant. C’est le contexte dans lequel se situe notre jeune protagoniste Jim. Il vit dans une petite ville d’Amérique, il va au lycée, n’est pas populaire, son ami est obèse, roux et porte un appareil dentaire, il y a un beau sportif que tout le monde acclame… Bref, je vais m’arrêter là, je pense que vous voyez déjà le genre. Vraiment, je commence à saturer, j’ai l’impression de trouver ça partout et c’est fatigant à la longue. C’est trop de clichés, trop d’éléments qui n’apporte plus de valeur ajoutée à force de les retrouver partout. Qui plus est, au fur et à mesure de la lecture on retrouve encore des éléments ou prétextes vus et revus. Pour n’en citer qu’un, par exemple il y a le fait que Jim s’inscrive au club de théâtre par ce qu’il est amoureux d’une fille qui y est.

Autrement, pour ce qui est de l’univers imaginaire, fantastique de ce roman, je n’ai rien à redire. J’ai retrouvé la patte de Guillermo Del Toro que j’ai apprécié dans son film « Le labyrinthe de Pan ». C’est un univers riche, mais pas complexe, tout est bien maîtrisé et de plus c’est un univers que je trouve original. Je n’ai pas l’habitude de lire des romans avec des trolls, du coup j’apprécie qu’il y en ait dans celui-ci. On retrouve le goût pour les créatures de Guillermo Del Toro et parfois j’aurai peut-être eu envie de davantage de descriptions. C’est un univers particulier, pas trop sombre et qui fonctionne parfaitement dans ce roman jeunesse.

Outre l’aspect cliché des personnages, je les ai bien aimé. Ils ont heureusement des caractères qui ne sont pas pour le coup totalement dans le stéréotype. Je ne trouve pas que ce sont des personnages incroyables, mais j’ai accroché à leur caractère, je me suis attaché et j’ai aimé les suivre. Jim, le personnage principal est très sympathique, j’aime particulièrement sa personnalité. Avec son acolyte Toby, ils forment un chouette duo et ils sont drôles.

Le rythme du récit est pas mal. La lecture est agréable, légère, sans prise de tête et on ne s’ennuie pas. Il y a quelques beaux passages, avec de belles émotions. Mais, j’ai trouvé que niveau actions et péripéties c’est plutôt faible et ce durant une grande partie du récit. Le rythme du récit bien que convenable, est assez linéaire. Lorsqu’il y a un peu plus d’action, ce n’est jamais très transcendant ou sinon il peut parfois y avoir des ellipses pour passer directement à la suite. Il y a également le fait que le déroulement de l’action soit trop prévisible, le schéma du récit est en lui-même aussi très prévisible. J’ai vite fait de comprendre comment les choses allaient se dérouler et je n’ai pas eu tort. Oui, c’est un roman jeunesse, mais quand même…

La fin a été la partie la plus amusante. C’est là que se concentre le cœur de l’intrigue et toute l’action. Cependant, l’action n’est toujours pas extraordinaire et très prenante, mais ça reste sympathique et plutôt accrochant. S’il y avait déjà eu cette même intensité d’action en milieu de récit, cela aurait bien mieux. Le dénouement est simple, clairement prévisible mais avec des éléments surprenants. J’ai bien aimé, c’est une fin de roman assez chouette finalement.

EN CONCLUSION :

S’il y a bien une chose que je retiens de ce roman c’est qu’il « fait » très jeunesse. Je lis beaucoup de romans jeunesse pourtant, mais là je dois reconnaître que c’était un peu trop enfantin à mon goût. La lecture reste cependant agréable et sympathique, c’est très plaisant à lire. L’univers fantastique est génial et les personnages fonctionnent bien. Il y a de belles choses qui ressortent de ce roman, comme l’amour familial ou les valeurs de l’amitié. Gros bémol sinon pour tout ce qui est des éléments clichés qu’il y a dans ce roman et que l’on retrouve PAR-TOUT ailleurs. À force de retrouver ces mêmes ingrédients dans des livres, dans des séries, dans des films, moi ça me lasse totalement.

Spontanément, c’est un roman que je ne conseille pas forcément. Mais si vous avez envie d’une lecture légère et sympathique, ça pourrait entièrement vous satisfaire.


Titre : Trollhunters

Édition : Bayard

Auteurs : Guillermo Del Toro et Daniel Kraus

Parution : 25 Mai 2016
Pages : 384 pages
Prix : 15.90€

C’est Lundi, que lisez vous?

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Salut, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour le rendez-vous « C’est Lundi, que lisez vous? ».

 C’est un rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books.  Et c’est Galleane qui a reprit la relève.

C’est parti, je réponds aux trois questions!

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

La semaine passée, j’ai lu le roman « Douze ans, sept mois et onze jours » de Lorris Murail. Pour lire ma chronique cliquez ici!

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

En ce moment je lis « Trollhunters » de Guillermo Del Toro et Daniel Craus.

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3. Que vais-je lire ensuite ?

Ensuite, je compte lire « The revolution of Ivy » d’Amy Engel et j’ai trop hâte!!!.

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Je vous souhaite une agréable semaine, pleine de bonnes lectures!

À bientôt pour une nouvelle chronique!

Douze ans, sept mois et onze jours – Lorris Murail

« Douze ans, sept mois et onze jours » de Lorris Murail… C’est un roman que j’avais hâte de découvrir, maintenant que c’est chose faite je vais vous en parler.

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RÉSUMÉ :

Walden a douze ans, sept mois et quatre jours lorsqu’il est abandonné par son père dans l’épaisse forêt du Maine. Le jeune Walden est seul, perdu dans la forêt, vivant dans une cabane. Il a avec lui quelques boîtes de conserve, un livre de Thoreau et une carabine. À douze ans, sept mois et quatre jours, Walden va devoir se débrouiller par ses propres moyens pour survivre dans les bois hostiles du Maine.

MON AVIS :

À la lecture du résumé, on comprend que ce roman est un thriller (ce qu’il est en effet). On navigue à travers une atmosphère sombre, inquiétante, angoissante, mais pas de quoi faire couler des sueurs froides (du moins au début). Walden, est abandonné par son père dans la forêt, tel Hansel et Gretel, mais on ne sait pas pourquoi et on se pose la question constamment au fil de la lecture. L’intrigue se met en place très vite et j’ai tout de suite été captivé par ce roman tout à fait intrigant. J’avais donc hâte de suivre le cours de l’action.

Le personnage principal, Walden, est un garçon de douze ans d’apparence frêle et candide. J’ai énormément aimé ce personnage que j’ai trouvé touchant, plein de sincérité et attachant. C’est un personnage que je trouve cohérent du début la fin. Sa personnalité est vraie, simple et je pense que c’est la raison pour laquelle que je me suis si attaché à Walden. Il transpire l’humanité, il n’est aucunement idéalisé au fil de son évolution. Vous l’aurez compris, c’est un gros coup de cœur.

Une fois que l’intrigue est mise en place et que l’action commence, j’ai eu une crainte. J’ai eu peur de m’ennuyer. On suit « tout simplement » ce que vit Walden et au départ, il ne se passait rien de transcendant à mon goût. Ce roman n’étant pas du genre « Hunger Games » avec énormément d’actions et de mouvements, il me fallait quelque chose pour rester captivé. La crainte que j’ai eue ne s’est pas vraiment concrétisée, puisqu’au fur et à mesure j’ai trouvé ma lecture de plus en plus prenante. Oui, il se passait  des choses un peu plus intéressantes, mais ce ne sont pas les actions en elles-mêmes qui m’ont captivé, c’est l’assemblage des actions, de la narration et de l’ambiance que j’ai adoré.

Lorris Murail a un talent certain, la narration et le récit qu’il nous offre relève pour moi d’un certain génie. Dans la simplicité de la narration, il arrive à faire passer des émotions et sentiments puissants. Il faut lire entre les lignes, pour apprécier pleinement ce livre. Le récit est magnifiquement bien structuré, tout est intelligent, fin et juste. Des éléments d’apparences même banals, comme des dialogues, peuvent avoir une résonance forte. Ainsi, ce roman aborde de nombreux points de la vie en général, de choses profondes qui emmènent à réfléchir.

J’ai adoré la deuxième partie du roman, que j’ai trouvé passionnante et doublement plus haletante. On a un important retournement de situation, des révélations et on rentre on ne peut plus au cœur de l’histoire. C’est une partie plus angoissante, plus crue, plus froide et plus captivante. On est imprégné par l’atmosphère, par le récit et son intrigue, je ne voulais plus lâcher ma lecture jusqu’à la fin du livre.

Justement, cette fin, je l’ai trouvée moyenne. Elle n’est pas forcément décevante, mais j’aurais aimé mieux. C’est un fin convenable, avec de l’action et qui nous tient jusqu’au bout. Néanmoins, c’est un dénouement que j’ai trouvé simple et qui n’est pas marquant. Je n’ai pas fini ce livre en beauté, au vu de la finesse que l’auteur a montré dans son récit, je m’attendais à bien mieux.

EN CONCLUSION :

J’ai beaucoup aimé ce thriller. L’ambiance, l’atmosphère générale sombre, angoissante et haletante est très bien gérée. Le personnage principal Walden, est attachant, il est agréable à suivre au cours de ce roman. Le récit est structuré et maîtrisé à merveille. La narration fluide et simple, est en fait plus complexe qu’il n’y paraît. Elle transmet de nombreux sentiments profondément humains, qui résonnent en nous et qui nous mènent à réflexion. C’est un roman très réussi, mais la fin m’a laissé sur ma faim.

Je conseille tout à fait ce roman, la lecture est agréable, poignante. Vous pouvez vraiment faire une belle découverte.


Titre : Douze ans, sept mois et onze jours

Édition : Pocket Jeunesse

Auteur : Lorris Murail

Parution : 15 Janvier 2015
Pages : 304 pages
Prix : 13.90€