Brainless – Jérôme Noirez

Bonjour, aujourd’hui je vous propose ma chronique sur le roman « Brainless » de Jérôme Noirez. C’est un roman dont je n’avais jamais entendu parler et qui m’a attiré par sa couverture. Sur celle-ci on voit bien sûr le titre déjà en soi intriguant , mais surtout ce cerveau sous cloche de verre. Le résumé m’a convaincu qu’il fallait absolument que je lise ce livre, ce que j’ai fait!

brainless-jerôme-noirez

RÉSUMÉ :

Brainless, de son vrai nom Jason, est un adolescent  de la commune de Vermilion, une petite ville du Dakota du Sud. S’il tient encore à peu près, c’est grâce à ses injections de formol quotidiennes. En effet, Brainless est mort par étouffement, à la suite d’une ingestion massive de maïs. Oui, il est mort mais il vit, il mange de la viande crue, ne respire plus, ne dors plus, mais de façade il a « plutôt l’air normal ». Il est atteint d’une nouvelle maladie nommée SCJH (Coma homéostasique Juvénile). Il a, si l’on puit dire, « ressuscité », et est en quelque sorte un zombie. Ainsi, Brainless nous partage son existence un peu particulière…

MON AVIS :

J’ai vite fait d’adhérer à la singularité de cette histoire. Dans un univers purement réaliste, on a Brainless qui dénote. Pourtant, la singularité de Brainless est en quelque sorte standardisée, sa maladie est prise avec sérieux, elle porte un nom, de sorte que l’on penserait presque que cette maladie pourrait exister. Au début, je voyais plus Brainless comme un adolescent « handicapé » que comme un zombie.

Tout comme, n’importe quelle personne de son âge, Brainless va au lycée. Il a un seul ami Ryan, passionné d’enquête et de filature, celui-ci est cependant un peu voyeuriste sur les bords. Souvent, quand dans un roman il est question de vie lycéenne il est souvent question des mêmes profils type, ce roman n’y manque pas. En plus de ne pas en manquer, on retrouve même beaucoup de ces stéréotypes propres aux séries américaines. Cependant, les personnages n’ont pas des caractères trop exagérés et je n’ai pas ressenti cet effet « bas de gamme » et de lassitude, donc c’est un bon point.

Brainless est un personnage atypique et j’ai adoré le suivre. Il est mature, gentil, drôle, plein d’autodérision, il est donc tout à fait sympathique. J’ai beaucoup apprécié suivre sa petite vie, c’est agréable, léger et je ne suis pas ennuyé. Avant chaque chapitre, nous avons « Les confidences de Jason ». Passages de quelques pages où Jason/Brainless  zoome sur un moment précis de sa vie. J’aime beaucoup ces apartés, ils sont pleins de sincérité et grâce à la narration à la première on se sent proche du protagoniste.

Dans les chapitres en eux-mêmes, on suit surtout Brainless, mais la narration porte aussi sur d’autres personnages « stéréotypes » comme la fille hyper populaire du lycée, le beau sportif… J’ai apprécié le fait que ce qui se passe chez un personnage, est toujours lié à un autre que l’on suit aussi. Je trouve cela intéressant et intelligent de la part de l’auteur.  Le récit est bien construit, il est captivant, vivant et il y a un bon rythme. L’intrigue est prenante et délicatement bien emmenée au fil du récit.

Notre personnage principal, va connaître une histoire d’amour avec la gothique du lycée (encore un stéréotype!). Heureusement, (d’ailleurs, ça n’aurait pu l’être autrement, je pense) ce n’est pas une histoire à l’eau de rose, pleine de tirades enflammées. Dans la même veine que le reste, c’est décalé, drôle, cocasse. Mais, il y a quand même de très belles émotions et des passages assez émouvants. C’est aussi au moment de la romance, que l’atmosphère générale commence à devenir progressivement inquiétante. Ça devient plus cru, Brainless à des pulsions de zombies plus prononcés, comme une légère envie de cerveau humain…

Comme je le disais précédemment, l’intrigue avance avec finesse, mais arrivé au but, c’est vraiment explosif. Le roman n’était jusque-là pas très dynamique, mais je peux vous dire que ce final à largement tout compensé. Il y a énormément d’action, mais c’est parfaitement tenu par l’auteur. On fait face à des scènes de pure horreur, il y a de nombreux morts, du sang. Le roman n’est pas gore dans sa globalité, mais on peut dire que la fin l’est totalement. Cette fin est importante, car elle nous rappelle clairement que Brainless est un zombie et ce que cela implique. On sort entièrement du registre réaliste. Un univers sordide avec le sang, les zombies s’installe fermement et rapidement. C’est une fin horrible à laquelle on a droit, mais c’est une fin réussie et convaincante. Ainsi, l’auteur finit sa critique sur la société et le mode de vie américain, critique développée au cours du récit. Il donne aussi une morale : « Il faut se méfier des apparences ».

Néanmoins, en finissant ce roman, je n’ai pas été entièrement satisfait. Je suis resté sur ma faim. Selon moi, il aurait fallu beaucoup plus de pages à ce livre, j’aurais voulu que l’ensemble du récit soit bien plus développé. Je trouve qu’il y a de belles idées dans ce livre, mais l’auteur n’est pas allé au fond des choses. Je pense qu’il aurait pu créer des scènes fortes, créer des émotions plus prononcées, rendre ce roman plus poignant et marquant. C’est sûrement un choix de la part de l’auteur, mais moi, j’aurais voulu que ça se passe différemment :(.

EN CONCLUSION :

Alors, oui, j’ai beaucoup aimé ce roman. C’est intriguant , original, décalé, intelligent et tout simplement réussi. Brainless est un personnage attachant, son histoire, sa vie en tant qu’atteint du SCJH est le sujet de ce récit et j’ai adoré ce sujet étonnant. On suit sa vie, entre amour, amitié, lycée…et c’est agréable. On suit également d’autres personnages, de l’univers du lycée, qui sont des stéréotypes, que vous connaissez tous. Étonnamment ça ne m’a pas dérangé. L’intrigue est bien construite et donne lieu à une fin d’anthologie. Un peu avant déjà, on rentre dans quelque chose de plus cru, de plus gore et donc de plus réaliste du tout! Je dirai que l’auteur a su remettre l’univers des zombies au goût du jour. Seul gros bémol, ce roman m’a laissé sur ma faim, j’aurais souhaité que l’ensemble du récit soit plus développé et donc plus long.

Je vous conseille totalement ce roman, que vous aimiez les zombies ou pas, ça change, c’est original. Ne vous inquiétez pas, à part la fin, il n’y a pas énormément d’horreur.


Titre : Brainless

Édition : Gulf Stream

Auteur : Jérôme Noirez

Parution : 21 Mai 2015
Pages : 256 pages

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s