Une photo, quelques mots

Bonjour à tous, donc aujourd’hui je reviens pour l’atelier d’écriture proposé par Leiloona du blog Bricabook. Ça faisait longtemps que je n’y avais plus participé et je suis très content de revenir.

Les règles sont simples, il suffit d’écrire de la façon que l’on veut et sur le thème que l’on veut en s’inspirant d’une image imposée.

Ci dessous vous trouverez donc mon texte. J’espère qu’il vous plaira et surtout n’hésitez pas à laisser un commentaire pour donner vos avis, vos impressions, sentiments etc…

Merci pour tout 😉

une-photo-quelques-mots

Cela faisait déjà bien dix minutes qu’il était parti, pourtant je suis encore là, devant cette table. Je me rends compte que cette échange n’a servi à rien. Le pauvre homme a beau avoir changé depuis que je l’ai vu la dernière fois, il y a maintenant dix ans, lors de la fête organisée après le BAC, il est toujours le même! Bien sur, l’âge est passé par là, ses yeux sont moins expressifs, de jeunes rides dessinent sont front, ses cheveux deviennent grisonnants. Malgré tout ça, je vois bien que mentalement il n’a pas changé.

***

Tout avait commencé il y a un mois. A ce moment là, soudainement, j’eus envie de revoir celui qui m’a littéralement gâché mon année de BAC. Cette personne n’est autre que mon ancien prof de math. Il y a dix ans, j’étais en terminale S, c’était déjà très dur, mais ce prof n’a rien facilité. Toute mon année, il m’a rabaissé, dénigré, détruit. Je ne savais plus ou j’en étais. Est ce qu’il me haïssait vraiment ? Est ce qu’il disait tout cela objectivement même si c’était dur à entendre? Je n’ai pas d’adjectif assez puissant pour décrire le trouble que je ressentais pendant cette période. Encore au debut de l’année, je m’en fichais un peu, j’étais au dessus de tout cela. Mais l’année a avancé, le stress commençait à monter et j’ai commencé à me remettre en question.

Je ne peux pas dire que j’ai un don pour les matières scientifiques, encore moins pour les maths. Je me débrouillais quand même pas mal. C’est que j’avais de grandes ambitions, je voulais devenir chirurgien. Et sincèrement, je pense que c’est ça qui avait posé problème. C’est vrai que dans ma classe, il y avait peu de gens qui savaient ce qu’ils voulaient vraiment faire, pourtant ils avaient de très bonnes notes. Alors imaginez, moi, j’arrivais avec de grandes ambitions mais avec des notes pas aussi incroyables que certains autres. D’un côté, je peux comprendre que ça « gênait ».

Mes amis m’ont toujours soutenu, ma famille m’encourageait mais ce prof… Il me disait que je n’y arriverais jamais, il me notait très sévèrement, il pensait que je n’aurais pas mon BAC du premier coup. Clairement il ne m’a jamais soutenu. Oui, c’est vrai, c’était le seul. Mais c’était aussi mon professeur principal, là était tout le problème.

Je ne veux pas m’étaler, mais sachez que j’ai mené un combat de titan cette année là. Il me mettait des bâtons dans les roues de partout, Il voulait que je revoie mes ambitions à la baisse. Il a même essayer de convaincre mes parents (en vain, heureusement).

Mais mon combat, je l’ai aussi mené contre moi même. J’ai travaillé, re-travaillé et re-travaillé. Cette année là, je me suis vraiment donné au maximum. Chaque tentative de dé-motivation de sa part (ou d’autres même) me redonnait de la hargne.

Comme on le dit, le travail paie. A la fin de cette année j’ai eu mon BAC avec mention bien. La sensation de bonheur que j’ai eu à ce moment était magique. J’ai ressenti un mélange d’émotions et de fierté c’était incroyable. C’était aussi une revanche contre ce …prof, si on peut vraiment l’appeler comme ça.

Dans tous les cas, c’était enfin fini!

***

Aujourd’hui, dix ans après, je suis bel et bien devenu chirurgien. Les études ont été longues et dures mais au moins j’ai réussi. J’ai aussi eu de la chance, on ne m’a quasiment plus mis de bâtons dans les roues!

Nous sommes le 20 juillet 2015 et dans une heure environ j’ai rendez-vous dans un hôpital de Greenwich, ici en Angleterre . En effet, je ne travaille pas seulement en France mais partout dans le monde (même pendant les vacances).

Je suis actuellement dans un petit restaurant, à une table, où il y avait assit dix minutes avant le fameux prof de mon année de terminale. J’ai réussi à le contacter il y a un mois et ironiquement il allait passer un séjour dans le même coin d’Angleterre où je devais me rendre. Je l’ai contacté car je voulais  lui demander des explications par rapport à ce qu’il m’avait fait subir.

Quand il est arrivé, on s’est salué poliment et on s’est installé. Il se souvenais de moi. Tout d’abord je lui ai parlé de mon parcours. Il écoutait plus ou moins attentivement en murmurant des « très bien, très bien ».  Après ça, j’ai enchaîné en lui demandant clairement des explications par rapport à son acharnement contre moi à l’époque. Il y a eu un rapide silence où je l’ai vu défaillir très furtivement, son teint est devenu livide. Il m’ a enfin répondu :

-« C’est vrai que j’avais parfois manqué un peu de tact, mais ce que j’ai fait, je l’ai fait pour toi. Je sentais que si je te poussais tu pouvais vraiment réussir. La preuve tu t’es acharné et voilà ce que tu es devenu. En gros, c’était une tactique pour te booster. Et ça a marché non? »

Venant de lui, ça n m’étonne pas, une excuse bidon. Ca n’a ni queue ni tête. Depuis quand faut-il rabaisser un élève auprès de ses parents et aux conseils de classe pour le booster?

Intimement, j’attendais de ce rendez vous de réelles explications. Si c’était par méchanceté ou autre, je voulais qu’il me le dise explicitement. Mais bon, tant pis!

On a fini notre discussion sur de faux sourires, de faux rires. Bref, de façon complètement hypocrite. Il est parti et moi je suis encore là perdu dans mes pensés, dans mes souvenirs…

***

Courage à vous, courage à tous. Cette société est semmée d’embûches. Ce n’est pas facile et ça ne le deviendra sûrement pas. Il faut juste y croire et se donner les moyens. On a rien sans rien. Peut importe, ce que les gens diront, donnez vous dans ce que vous aimez et ce que vous avez envie de faire. Ne laissez par le système décider à votre place. Si vous ratez, ce n’est pas grave. Relevez vous et avancez encore!

Publicités

6 réflexions sur “Une photo, quelques mots

  1. Vudemeslunettes dit :

    C’est parfois difficile de tourner la page et de pardonner aux gens qui nous ont blessé, même si on a fini par atteindre le but recherché … Tes mots expriment cette douleur et cette difficulté. Et ce prof de maths m’a vraiment l’air détestable ! J’espère pour lui qu’il n’aura jamais de souci médical et qu’il ne devra pas passer sous les mains de ce « nouveau » chirurgien 😀

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s